vendredi 18 mai 2012

Le Prénom

"Personnages clichés et situations improbables, cette pièce de boulevard passe mal le cap de l'adaptation au cinéma. Manque de souffle, manque d'incarnation et, surtout, manque d'audace dans la mise en scène." [Première]

Vincent, agent immobilier séducteur de 40 ans, va être papa pour la première fois. Il est invité à dîner chez sa soeur Elisabeth et son beau-frère Pierre, en compagnie de Paul, un ami d'enfance. En attendant qu'Anna, l'épouse de Vincent, les rejoigne, tous pressent Vincent de questions pour découvrir le prénom du futur bébé. Mais la réponse qu'il va donner va être à l'origine d'une zizanie monumentale dans la famille et dans leur groupe d'amis. Le petit dîner va vite tourner en règlement de comptes...

Le Prénom est un film adapté d'une pièce de théâtre à succès. Et ça se sent : le film se passe dans un huis clos un peu pesant, les rebondissements et l'humour sentent bon le théâtre de boulevard, et les personnages sont plutôt caricaturaux. Un cocktail pourtant prometteur, le théâtre de boulevard réservant en général de bons moments de franche rigolade. Mais le début du film est un peu long, on s'attarde un peu trop longtemps sur l'épisode du prénom (même si j'ai conscience que c'est ce qui donne son titre au film), ça piétine un peu sur place, on a envie que ça avance. Puis avec l'arrivée d'Anna, on aboutit sur les quiproquos, qui donnent un peu de relief à l'intrigue, même si ces quiproquos sont plutôt convenus et prévisibles. En fait, le film est un peu poussif : si on peut saluer le jeu impeccable de Patrick Bruel, les autres acteurs en général en font trop, comme pour compenser le manque de rythme de la mise en scène. Les enchaînements sont parfois un peu brutaux, un peu incompréhensibles : certains personnages démarrent au quart de tour sans qu'on ait senti un bouillonnement préalable (je n'ai pas trop compris par exemple la crise d'hystérie finale, lorsque Babou vide son sac devant tout le monde : je n'ai pas senti de véritable montée en pression qui aurait justifié cette explosion). Même tout le pataquès autour du prénom ne m'a pas véritablement convaincue, au fond : c'est vrai que le prénom choisi n'est pas terrible, mais on peut quand même vivre avec, ce n'est qu'un prénom, au fond. J'ai bien saisi que cette histoire de prénom n'est qu'un prétexte pour laisser libre court aux tensions entre les personnages, qui en quelque sorte sautent sur cette occasion pour lâcher des vacheries et démonter les autres, mais encore une fois, je pense qu'il aurait fallu travailler un peu plus la mayonnaise pour qu'elle prenne vraiment et qu'on y croie. Bon, je critique, je critique, mais j'ai quand même bien ri ! Je suis juste déçue, en fait, je m'attendais à mieux. Ça devait certainement être plus spontané et plus marrant au théâtre : je pense que le film a alourdi l'idée de départ, sans permettre vraiment aux situations comiques de décoller. Un film inégal, donc.

Par Alexandre de la Patellière & Matthieu Delaporte, en salles depuis le 25 avril 2012.

2 commentaires:

  1. Moi c'est une allergie à Patrick Bruel, de toute façon...

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    1. Ben tu sais, je ne suis pas particulièrement fan de Patrick Bruel à la base, mais je dois admettre qu'il était convaincant. Meilleur acteur que chanteur, en somme ! :-)

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