Attention, pour écouter ce disque, il faut mettre le volume à fond. Non pas qu'il manque de puissance, mais il y règne un rock planant délicieusement subtil qui mérite toute notre attention pour être savouré à sa juste valeur. Alors que les guitares flirtent avec l'électro léger des synthés, la voix haut-perché du chanteur sait se faire lyrique et puissante, mais également discrète et émouvante. Un peu de rock, un peu de soul, un peu de folk et surtout beaucoup de son pour un album surprenant dont la musique pénètre dans une chair à vif.
J'ai un faible pour la première chanson du disque, I don't want love, qui a des faux airs de Coldplay, et qui me colle le frisson à chaque fois que je l'écoute, surtout au moment du "refrain", lorsque le chanteur dit "I don't want love", sur fond de riffs de guitare ensorcelants. Le deuxième titre, French exit, donne l'impression d'être très gaie au début mais se fait plus mélancolique ensuite : j'aime beaucoup les percussions, et le son des synthés, qui me rappellent un peu des ambiances trouvées chez Sébastien Schuller dans son album Happiness (sur Sleeping Son notamment). De nombreux titres m'ont d'ailleurs rappelé cette couleur musicale à la fois douloureuse et planante qui règne chez Sébastien Schuller, mais en beaucoup mieux. Ainsi, dans la même veine, on a aussi No Widows, un titre magnifique, du genre à filer la chair de poule, ou encore Hounds, qui a quelque chose de poignant qui prend aux tripes. Mais la botte secrète de ce disque, c'est sans doute la voix du chanteur elle-même, capable de monter dans les aigus avec aisance sur Parentheses (un titre qui a un petit goût de Radiohead et dont j'adore la ligne mélodique de la guitare), mais qui sait aussi se faire plus rock sur des titres plus rythmés et plus folk comme Every night my teeth are falling out (d'ailleurs la voix du chanteur, lorsqu'il prononce le titre de la chanson, me fait toujours penser à Jean-Jacques Goldman époque Taï Phong. Oui je sais, c'est précis, mais c'est tout ce qui me vient à l'idée !). J'ai aussi un gros coup de coeur pour le titre Rolled together, quasi totalement instrumental, avec une ambiance et un tempo plus soul que le reste de l'album, et dont les riffs de guitare à la fin me font frémir de plaisir. Enfin, la dernière chanson, Putting the dog to sleep, reprend les codes du slow (un tempo lent et des accords de guitare plaqués sur un rythme régulier) mais en tirant sur le côté chamallow pour en faire quelque chose de bien plus poignant, qui me fait fondre à chaque fois que le chanteur dit "I don't think so"... Burst apart est un album magnifique, qui a réussi la prouesse de mêler arrangements soignés et subtils et émotion spontanée d'écorché vif, ce genre d'émotion qu'on n'arrive à exprimer que lorsqu'elle a vraiment été vécue... Bravo.
Merci à mon collègue Christophe pour m'avoir fait découvrir cette pépite.
Burst apart, par The Antlers.

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