Tallulah a quatorze ans et vient d'être admise au stage d'été du conservatoire d'art dramatique de Dother Hall, perdu dans la campagne du Yorkshire. Comme toutes les adolescentes, elle est obnubilée par son physique : ses jambes interminables de grande asperge, ses genoux protubérants et son absence de seins (de "pépites", dans son langage à elle). Mais heureusement, elle a d'autres talents, dont celui, incontrôlable, de faire rire ! Avec ses nouvelles amies du conservatoire, Tallulah va aller de surprise en surprise sur le contenu de ses cours, sur les habitants pittoresques de la contrée, et sur les garçons... Ah, les garçons...
Vous vous souvenez de Georgia Nicolson ? (Impossible de ne pas s'en rappeler, c'est mon idole et j'en parle régulièrement, comme ici, ici, ou là !) Et bien figurez-vous que Tallulah est sa petite cousine. Hé oui ! Ce qui est une sacrée bonne nouvelle, puisque les aventures de Georgia sont terminées, à mon grand dam, ce qui m'a mis dans un véritable état de tristessitude. Comme sa cousine, Tallulah est un peu à l'ouest, et elle adopte aussi un langage plein d'excentricité, pour mon plus grand plaisir. Et forcément, la rigolade est au rendez-vous. L'auteure reprend à peu près le même schéma que pour son héroïne précédente, à savoir : une héroïne un peu givrée, une bande de copines pas très nettes non plus, une tripotée de garçons qui lui plaisent et à qui elle plaît (dur dur de choisir et d'y voir clair, hein ?), des enfants en bas-âge siphonnés (les jumeaux m'ont en effet beaucoup rappelé l'adorable petite peste Libby), et un goût immodéré de l'héroïne pour faire le pitre (souvenez-vous du "tout schuss sur le disco", la danse légendaire de Georgia...). Pourtant, c'est quand même un peu différent : Tallulah est un peu plus mélancolique que son aînée, étant donné qu'elle souffre de l'absence de ses parents (toujours en vadrouille à l'autre bout du monde), même si elle en plaisante souvent. Et puis, elle est aussi plus jeune, un peu plus naïve, et ses délires d'artiste lui donnent un caractère un peu différent de Georgia. En tout cas, on retrouve le goût de la parodie chez l'auteure, qui nous régale ici de pitreries autour de ces oeuvres incontournables de la littérature anglaise : Jane Eyre et Les hauts de Hurlevent. Il n'est pas nécessaire de les avoir lues pour comprendre l'histoire, mais à mon avis, les avoir lues est sans doute un plus pour apprécier à leur juste valeur les clins d'oeil et parodies évoquées dans le roman. L'auteure nous avait déjà amusés de la sorte autour de Roméo et Juliette dans un épisode de Georgia Nicolson. Cela étant dit, j'ai quand même eu un peu de mal à me mettre dans l'histoire, au début. En fait, ça m'a fait drôle de voir une autre personne utiliser le même type de vocabulaire que Georgia, je crois que j'ai eu du mal de "lâcher" Georgia pour Tallulah (je pense que j'ai eu peur de ne pas l'aimer autant que Georgia). J'avais aussi un peu peur que l'auteure ne sache écrire que "du Georgia", au bout du compte (même si c'est ce que j'adore), et que Tallulah n'apporte pas grand chose au schmilblick. Mais en fait, je me suis ensuite rapidement attachée à cette jeune fille pleine de fraîcheur, et j'ai vraiment adoré le décor que l'auteure a planté autour d'elle : cette contrée perdue peuplée d'hurluberlus farfelus et bourrus m'amuse énormément. J'ai aimé aussi que Tallulah ne soit pas une héroïne à qui tout réussit, et qu'elle ait des moments de doute. L'ambiance pensionnat et Fame n'est également pas pour me déplaire, au contraire, et finalement, j'ai hâte de lire la suite des aventures (ou plutôt des mésaventures) de Tallulah Casey ! Louise Rennison, c'est officiel, je vous adore ! :-)
Bonus : un extrait montrant l'état de siphonnitude aigue des jumeaux :
- Lullah fait sa bête, n'est-ce pas, les garçons ?Les jumeaux me regardent en clignant des yeux.
- Lullah pète, dit Max.
Dibdobs vire au cramoisi.
- Non, mon chéri, j'ai dit bête.
- Lullah pète, répète Max.
@ lire : l'avis de Radicale, Sophie-Fantasia.
Par Louise Rennison, chez Gallimard jeunesse, 13,50 €.

je n'ai pas eu ce casse-tête, car moi je ne connais pas (encore !) Georgia, du coup j'adore Tallulah ! :)
RépondreSupprimer@ Clarabel : Rôôôôôôôh...il faut vraiment que tu commences cette série cultissime et vraiment hilarante ! ;-)
RépondreSupprimerComment, Clarabel, tu ne connais pas Georgia ?? ;-) Tu as de la chance, remarque ! Du coup, de mon côté, j'ai essayé de ne pas comparer. De toute façon, les deux héroïnes sont craquantes !
RépondreSupprimer@ Fantasia : Hi hi ! Oh oui, tu as raison, les deux héroïnes sont adorables et très attachantes !
RépondreSupprimerCelivre est très intérressant, j'en suis encore au début mais des que je le lit je ne peut plus arreter =).Le passage ou Tallulah rentre le premier jour au conservatoire d'art dramatique est un peu ennuyant. =D
RépondreSupprimerJe vois que tu es plongée dans le roman jusqu'au bout des ongles ! ;-) Oui, le début met sans doute un peu de temps à vraiment démarrer, mais c'est toujours le cas dans les séries, il faut planter le décor, comme on dit ! ;-) Je suppose (et j'espère) que les tomes suivants seront plus dynamiques ! En tout cas, tu vas voir, ça devient vite intéressant et mouvementé... Tu vas adorer Tallulah Casey ! :-) Bonne lecture, reviens me voir quand tu auras fini...
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