mercredi 31 août 2011

So long, Luise

"Je maintiens, je dis, que pour écrire il faut avoir été ou s’être déshérité."

La narratrice, écrivain à la retraite, rédige un livre-testament à l’intention de Luise, son amante et complice. C’est l’occasion pour elle de revenir sur sa vie passée et son parcours d’écrivain - avec ses mensonges et ses supercheries. Notre narratrice n’est pas vraiment une vieille dame très recommandable, avec ses pulsions violentes voire cleptomanes. Mais elle vit aussi dans un monde à elle, peuplé de personnages étranges - des fées, des pixies et autres créatures tissées de rêve...

Ce roman m’a laissée perplexe. En effet, j’ai eu beaucoup de mal à y entrer, et j’ai dû recommencer plusieurs fois, découragée et à la limite de déclarer forfait. Car le style de Céline Minard m’a donné le mal de mer, avec ses grandes phrases tarabiscotées et l’espèce de prétention qui en ressort. J’ai cependant lu tout le livre, mais toujours au bord de l’écoeurement, en me forçant et sans plaisir. Mon attention a été captée de temps à autre lors des frasques de la narratrice et de Luise et leur escapade en voiture volée, mais elle est retombée à chaque fois peu après, noyée dans l’ennui d’un univers qui ne m’a pas touchée. Inutile de s’attarder plus longtemps, voilà, je n’ai pas aimé ce roman, duquel je ne garde d’ailleurs guère de souvenirs.
J’ai pu lire ce livre dans le cadre de l’opération de rentrée littéraire Liblfy / Furet du Nord, et je remercie ces deux partenaires pour cette découverte, même si je n’ai pas été convaincue !

Par Céline Minard, chez Denoël, 17 €.

mardi 30 août 2011

Léna

"Le bonheur est-il comme la pâte dont on fait le pain, qui se lève, puis bientôt se rassit ? Me voilà désertée à nouveau, Vassili est reparti à la Base."

Dans le Grand Nord sibérien, Léna vit le plus souvent seule, son mari Vassia étant pilote de l'air dans l'armée et régulièrement en mission. Alors, à chacun des allers et retours de Vassia, Léna écrit sa tristesse ou sa joie dans des lettres qu'elle envoie à Mitia et Varia, un vieil homme et une vieille femme qui l'ont élevée après la mort de ses parents. Léna s'accommode peu à peu de cette existence et de cet amour par intermittence, mais ses habitudes sont bouleversées lorsque Vassia lui annonce son nouveau grand projet : inscrire son nom dans la légende soviétique de la conquête de l'espace en devenant cosmonaute...

Un peu sceptique au début de ma lecture - j'ai trouvé le style un peu scolaire, surtout dans les dialogues, peu naturels et à la limite de la caricature - j'ai ensuite été captivée par cette histoire d'amour sincère et passionnelle, et surtout par l'histoire de la conquête de l'espace par les soviétiques. Les détails, les coulisses de cette bataille entre l'URSS et les Etats-Unis, la petite histoire de ces hommes inconnus propulsés vers la gloire, tout ceci m'a beaucoup intéressée, surtout que je n'ai jamais vu ce thème abordé dans un autre roman. L'alternance entre les lettres de Léna et le récit de leur réception par Mitia et Varia m'a plu, surtout quand Varia prend les métaphores de Léna dans leur sens littéral, ce qui génère évidemment des quiproquos...
Un roman plaisant à lire - bien que ponctué de maladresses stylistiques - amusant et intéressant, qui ma permis de découvrir l'histoire de la conquête spatiale de façon légère et plus anecdotique que dans les manuels scolaires. Un premier roman original pour cette auteure qui semble passionnée par l'histoire de la Russie !

Ce livre m'a été envoyé dans le cadre de l'opération de rentrée littéraire Libfly / Furet du Nord. Je remercie ces deux partenaires pour cet envoi qui m'a permis de faire cette belle découverte !


Par Virginie Deloffre, chez Albin Michel, 19 €.

dimanche 28 août 2011

Le dernier jour de ma vie

"Il faut savoir que rien ne vous prépare à ça. Le matin même, vous ne vous réveillez pas le ventre noué par un mauvais pressentiment. Vous ne vous retrouvez pas cerné d'ombres étranges. Vous ne pensez pas à dire à vos parents que vous les aimez ou, dans mon cas, à leur dire au moins au revoir. [...] Si vous êtes comme moi, voilà comment débute votre dernière journée."

Samantha fait partie des filles les plus populaires du lycée, avec ses meilleures amies Lindsay, Ally et Elody. Elle a aussi décroché le petit ami de ses rêves, et pour elle, la vie n'est qu'une immense partie de rigolade, peuplée de fêtes et de shots de vodka. Mais cette vie s'arrête brusquement après un accident de voiture. Le soir de la Saint-Valentin. Or, ce qui aurait dû être le dernier jour de sa vie semble se répéter sans fin...

Voilà une auteure qui fait beaucoup parler d'elle en ce moment, puisque qu'en plus de ce roman, un autre titre fait aussi la une des blogs : Delirium. Dans Le Dernier jour de ma vie, on assiste à une journée qui se répète : celle qui précède la mort de Sam. Je me suis rapidement dit que le principe n'était pas très frais, vu qu'il avait déjà été brillamment exploité dans le film "Un jour sans fin" (vous savez, avec Bill Murray, qui se fait réveiller tous les matins par la phrase "debout, les marmottes !"...). Surtout que dans le roman aussi, l'idée est que Sam se voit offrir de nouvelles chances pour être une meilleure personne. Mais au final, le livre renferme plusieurs surprises qui donnent une autre ampleur à l'histoire. Bon, j'avoue que j'avais tout deviné assez rapidement [attention, spoiler !] : que la voiture avait percuté quelqu'un dont le nom devait commencer par le son "cein" ou "saï", que c'est Lindsay qui avait fait pipi dans son lit et pas Juliet, et que Sam allait très vite tomber amoureuse de Kent... [fin du spoiler], le plaisir reste tout de même de voir quand l'héroïne va comprendre tout ça elle aussi ! 
J'avais un peu peur que l'idée de base "je suis une pouffe égoïste et cruelle mais je me soigne et je vais devenir super gentille" ne soit un peu trop gros (dans le genre de Pourrie gâtée, de Kate Brian), mais Lauren Oliver a réussi à incorporer assez de subtilité et de finesse pour que le tout se digère sans problème. En effet, Sam met quand même du temps à changer et elle fait pas mal d'erreurs avant de tout comprendre... Et puis, l'écriture de l'auteure est très agréable, surtout quand elle parle de la beauté de la vie, qui se trouve bien souvent dans des petits détails sans importance... 
[Attention, spoiler !] Par certains aspects, ce roman m'a également fait penser à Treize raisons, de Jay Asher (voir ici). Il nous montre que les moqueries, la persécution et la cruauté gratuite peuvent souvent faire beaucoup de mal... [Fin du spoiler]
Voilà donc un roman qui se lit d'une traite et qui délivre un message précieux : profitons de la vie, savourons chaque instant comme si c'était le dernier et occupons-nous un peu (beaucoup !) plus des autres... Moi, ça m'a donné envie de dire "je t'aime" à ma famille et à tous mes amis !

@ lire : l'avis de Adalana, KarineLiyahRadicale.

Par Lauren Oliver, chez Hachette, collection Black Moon, 18 €.

samedi 27 août 2011

Sugar puffs

"- Je vais te faire goûter un truc, m'a dit Victor. Tu m'en diras des nouvelles.
Je goûte donc. C'est sucré, croustillant. Un délice. Des céréales. Rien à voir avec les corn-flakes. Victor m'a expliqué que c'étaient des grains de blé soufflés, enrobés de miel, à consommer avec du lait. Des Sugar Puffs. Une boîte rouge. Plus tard, aux rayons des ménagères, chez Kellog's, ça s'est transformé en Crousty Miel, puis Honey Smacks. [...] Là-bas, en Angleterre, les Sugar Puffs furent ma révélation, ma madeleine, mon Amérique à moi, ma nourriture de base, matin, midi et soir [...]."


Alors qu'il accompagne son propre fils à l'aéroport avant son départ pour un an à Dublin, John se souvient de son adolescence passée en Angleterre, lors d'un séjour linguistique imposé par ses parents. Un moment charnière de sa vie, puisqu'il a fait là-bas des rencontres inoubliables, est tombé amoureux, a eu sa première expérience sexuelle et a découvert les Sugar Puffs, les céréales qui vont devenir sa nourriture de base.

Un voyage linguistique ! Voilà un thème qui m'a tout de suite séduite, ayant moi-même passé une année d'Erasmus en Allemagne. Et le début du roman ne m'a pas déçue : humour, mélange amusant entre le français et l'anglais, ton insolent du jeune John et famille d'accueil zarbi qui semble cacher un secret. Mais peu à peu, mon intérêt a ramolli comme des céréales dans du lait, car j'ai trouvé cette histoire un peu longuette, et les interactions entre les personnages ainsi que leur histoire ne m'ont pas intéressée. Les frotti-frotta avec les petites Anglaises, c'est amusant au début, mais à la longue, ça devient vite lassant. Une lecture que j'ai donc eu plutôt hâte de terminer, et qui n'est pas allée au bout de ses promesses selon moi.

Ce livre m'a été envoyé dans le cadre de l'opération de rentrée littéraire Libfly / Furet du Nord. Je remercie ces deux partenaires pour cet envoi qui m'a permis de découvrir cet auteur !


Par François Cérésa, chez Fayard, 18,90 €.

vendredi 26 août 2011

Irresistible alchimie

"On s'ennuie ? J'ai raté de peu un accident de voiture, je me suis fait insulter par une fille des quartiers sud et martyriser par un dangereux membre de gang devant l'entrée du lycée. Si c'était un avant-goût de notre terminale, alors cette année sera tout sauf ennuyeuse."

Brittany est une jolie blonde de 18 ans, riche, capitaine des pom-pom girls et en couple avec le séduisant leader de l'équipe de football du lycée. Elle est parfaite, sa vie est parfaite. Seulement en apparence. Car sous sa carapace à paillettes se cache une jeune fille fragile, brisée par la maladie de sa soeur aînée. Un aspect de sa personnalité qu'elle ne veut montrer à personne. Mais voilà que sa vie bien réglée va être bousculée par le cours de chimie, dans lequel elle se voit forcée d'être en binôme avec Alex Fuentes. Alex le latino. Alex le dur. Alex, du gang des Latino Blood. Un étrange jeu de séduction va se mettre en place entre les deux lycéens. Un jeu excitant. Un jeu dangereux.


Les filles, sortez les extincteurs ! Ce roman d'amour renferme tellement de passion et de tension sexuelle qu'il risque bien de brûler entre vos doigts fébriles ! Car le jeu de séduction entre Brittany et Alex est chaud comme la braise, torride, muy caliente ! Voici un roman qui a fait vibrer de nombreuses blogueuses et qui avait donc titillé ma curiosité. Et les blogueuses n'ont pas menti, c'est vraiment hot, et on ne peut s'empêcher de se passionner pour cette histoire d'amour impossible qui dégage des effluves glamourissimes irresistibles. Bon, le début m'a quand même agacée, avec cette scène de rencontre vraiment trop souvent déjà vue : s'il vous plaît, amis écrivains, cessez de créer des scènes de rencontre autour d'une paillasse de cours de chimie ! Y'en a marre ! Vous vous êtes tous donné le mot, ou quoi ? Fascination (Twilight), Hush, hush, Mortels petits secrets,... A croire que les ados américains d'aujourd'hui ne savent pas se rencontrer ailleurs qu'en cours de chimie... Je sais pas, moi, les boîtes de nuit, les supermarchés, les cabines d'essayage, le cinéma, ça existe, non ? Grrrrr !
Bref. Ma petite bouche n'a donc pu s'empêcher de former une moue sceptique en début de lecture, surtout après une avalanche de clichés : la riche bimbo blonde pom-pom girl (un peu cruche ?) et le joueur de football contre le pauvre latino sexy... Cela dit, cette impression disparaît assez vite, tant la tension électrique entre Brittany et Alex prend le devant de la scène. Cette histoire d'amour impossible m'a fait penser à un mélange entre West side story et Trois mètres au-dessus du ciel (le roman de Federico Moccia), sauf que dans ce dernier, l'héroïne belle et riche va dans un lycée privé (ce qui me semble plus crédible que dans Irresistible alchimie) et que nos futurs amoureux se rencontrent à la fenêtre de la voiture du père de la belle : elle à l'arrière, lui sur son scooter... tellement plus original ! En tout cas, une lecture que je recommande chaleureusement à ceux (à celles ?) qui ont adoré Irresistible alchimie !
Malgré mes réserves, j'ai passé un très bon moment de lecture et n'ai pas été insensible à l'inondation de sensualité dégagée par le roman (et par Alex Fuentes !)... Une vraie histoire d'amour comme on les aime, et qui vous fera toutes fondre comme un glaçon...


@ lire : l'avis de AdalanaAzilis, Bouma, ClarabelEsmeraldaeFantasia, Mina, RadicaleSara (qui y va franco !), Thalie.


Par Simone Elkeles, chez La Martinière jeunesse, 13,90 €.

mercredi 24 août 2011

Quelqu'un comme toi

"Scarlett Thomas a toujours été ma meilleure amie et voilà pourquoi, lorsqu'elle m'a téléphoné au "camp des Sisters", où je passais la pire semaine de mon existence, j'ai tout de suite compris que quelque chose de grave était arrivé."

Scarlett et Halley sont des amies fusionnelles et n'ont aucun secret l'une pour l'autre. C'est l'année de leurs seize ans, et l'avenir les attend, encore libre de tout scénario à y inscrire. Seulement, voilà : Michael, le petit ami de Scarlett vient de mourir dans un accident de moto. Et Scarlett se rend compte peu après qu'elle est enceinte...


Sarah Dessen est une auteure qui sait parler aux adolescents, dans la même lignée que Ann Brashares. Ses histoires sont souvent un savant mélange d'amitié, d'amour et de bons sentiments. Ce nouvel opus ne fait pas exception, puisque l'amitié entre deux jeunes filles est au coeur de l'intrigue, et que chacune vit l'amour de façon différente : Scarlett, dans la douleur avec la perte de son petit ami et la gestion de sa grossesse imprévue, et Halley qui a le coup de foudre pour Tristan, un bad boy adorable. Une passion qui l'éloigne un peu de sa meilleure amie... J'ai en fait été intéressée davantage par le personnage de Scarlett, et moins par Halley, qui est pourtant la narratrice. En fait, je m'attendais à un coup de théâtre, qui n'est pas venu [attention, spoiler] : je m'attendais à ce qu'en fait Michael ne soit pas le père du bébé (car après tout, personne n'avait jamais vu le couple ensemble) et avais même imaginé que le père soit en vérité Tristan... [fin du spoiler] La vérité est en fait bien plus simple que mon imagination débridée, ce qui n'est pas grave, mais comme j'attendais autre chose, j'ai été un peu déçue. Tant pis pour moi !
Ce roman devrait plaire en tout cas aux adolescentes qui aiment les belles histoires d'amitié ! Il amène aussi les lectrices à s'interroger sur leur première fois, sur la grossesse et sur l'importance de s'affirmer en tant que personne à part entière. Pas très révolutionnaire, mais efficace et agréable à lire !


@ lire : l'avis de BoumaCéline, Fantasia, Lenelai et La Mordue.


Par Sarah Dessen, chez Pocket jeunesse, 17 €.

lundi 8 août 2011

Le signe de K1 (tome 1) : Le protocole de Nod

"Nous sommes les derniers occupants de l'une des dernières régions encore habitables à la surface du globe. Environ dix mille naufragés à qui l'on ressasse tous les jours que "bientôt, très bientôt" ça va aller mieux, qu'il ne faut pas perdre espoir... Mais la pluie ne s'arrête pas et le niveau des eaux continue de monter !"

A l'aube du XXIVème siècle, l'humanité est forcée de se réfugier dans les hauteurs, piégée par la montée des eaux. Quelques dizaines de milliers d'habitants vivent dans les Hauts Monts du Karakoram, tandis que le déluge ne semble jamais vouloir cesser. Pour sauver l'humanité, une mission menée par vingt-deux Pionniers est mise en place. Kali, sa soeur Tsilla et leurs parents Kane et Lilian font partie de ces volontaires, dont le destin est de préparer un exode sans précédent des survivants. Les Pionniers du "Protocole de Nod" doivent réussir leur mission à tout prix. Le destin de l'humanité toute entière est entre leurs mains.


2322, 2020 : deux époques, et deux atmosphères différentes. En 2322, un monde au bord du désastre, issu des excès des hommes et des bouleversements climatiques. En 2020, un monde encore "presque" normal, mais dans lequel une autorité malsaine décide du destin des individus "hors normes", et qui les parque dans des centres top secrets dans un objectif caché mais qu'on devine tourné vers le pouvoir. Ces deux époques vont de télescoper sans s'en rendre compte, et cela va laisser des traces... J'ai bien aimé ce roman d'anticipation, vif, rapide, et plutôt bien mené. J'ai été parfois gênée par le style, notamment dans les dialogues, que j'ai jugés de temps en temps un brin artificiels ou trop "explicatifs", mais sinon, je me suis laissée emporter sans rechigner dans cette histoire originale dont on a envie de connaître la suite (car il y a un second tome). La tension monte d'ailleurs rapidement, et la fin du premier tome oblige sans conteste le lecteur à se jeter sur la suite ! J'ai aimé les personnages plus secondaires, comme le père de Kali ou le père de Pauline, qui interviennent assez peu finalement, mais dont les observations sont cruciales pour la suite des événements. Un suspense politico-futuriste haletant !


Par Claire Gratias, chez Syros, collection Des histoires du futur, 15,90 €.