"Il faut savoir que rien ne vous prépare à ça. Le matin même, vous ne vous réveillez pas le ventre noué par un mauvais pressentiment. Vous ne vous retrouvez pas cerné d'ombres étranges. Vous ne pensez pas à dire à vos parents que vous les aimez ou, dans mon cas, à leur dire au moins au revoir. [...] Si vous êtes comme moi, voilà comment débute votre dernière journée."
Samantha fait partie des filles les plus populaires du lycée, avec ses meilleures amies Lindsay, Ally et Elody. Elle a aussi décroché le petit ami de ses rêves, et pour elle, la vie n'est qu'une immense partie de rigolade, peuplée de fêtes et de shots de vodka. Mais cette vie s'arrête brusquement après un accident de voiture. Le soir de la Saint-Valentin. Or, ce qui aurait dû être le dernier jour de sa vie semble se répéter sans fin...

Voilà une auteure qui fait beaucoup parler d'elle en ce moment, puisque qu'en plus de ce roman, un autre titre fait aussi la une des blogs : Delirium. Dans Le Dernier jour de ma vie, on assiste à une journée qui se répète : celle qui précède la mort de Sam. Je me suis rapidement dit que le principe n'était pas très frais, vu qu'il avait déjà été brillamment exploité dans le film "Un jour sans fin" (vous savez, avec Bill Murray, qui se fait réveiller tous les matins par la phrase "debout, les marmottes !"...). Surtout que dans le roman aussi, l'idée est que Sam se voit offrir de nouvelles chances pour être une meilleure personne. Mais au final, le livre renferme plusieurs surprises qui donnent une autre ampleur à l'histoire. Bon, j'avoue que j'avais tout deviné assez rapidement [attention, spoiler !] : que la voiture avait percuté quelqu'un dont le nom devait commencer par le son "cein" ou "saï", que c'est Lindsay qui avait fait pipi dans son lit et pas Juliet, et que Sam allait très vite tomber amoureuse de Kent... [fin du spoiler], le plaisir reste tout de même de voir quand l'héroïne va comprendre tout ça elle aussi !

J'avais un peu peur que l'idée de base "je suis une pouffe égoïste et cruelle mais je me soigne et je vais devenir super gentille" ne soit un peu trop gros (dans le genre de Pourrie gâtée, de Kate Brian), mais Lauren Oliver a réussi à incorporer assez de subtilité et de finesse pour que le tout se digère sans problème. En effet, Sam met quand même du temps à changer et elle fait pas mal d'erreurs avant de tout comprendre... Et puis, l'écriture de l'auteure est très agréable, surtout quand elle parle de la beauté de la vie, qui se trouve bien souvent dans des petits détails sans importance... [Attention, spoiler !] Par certains aspects, ce roman m'a également fait penser à Treize raisons, de Jay Asher (voir ici). Il nous montre que les moqueries, la persécution et la cruauté gratuite peuvent souvent faire beaucoup de mal... [Fin du spoiler] Voilà donc un roman qui se lit d'une traite et qui délivre un message précieux : profitons de la vie, savourons chaque instant comme si c'était le dernier et occupons-nous un peu (beaucoup !) plus des autres... Moi, ça m'a donné envie de dire "je t'aime" à ma famille et à tous mes amis !
Par Lauren Oliver, chez Hachette, collection Black Moon, 18 €.