"Un séjour de trente personnes, c'est la ruine !! Qu'allons-nous faire ?!
- Calmez-vous. Je me suis occupé de tout. [...] J'ai nommé cela..."Survival sources" !!"
Ca y est, le grand moment du voyage aux sources chaudes est enfin arrivé ! Nika compte bien en profiter pour se rapprocher d'Arata. Mais la direction de son lycée en a décidé autrement : pour des raisons budgétaires, tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne pendant ce séjour...seuls les plus méritants pourront obtenir les meilleures chambres !
Attention, on vire de plus en plus dans l'humour trash - mais qui reste gentil quand même - dans ce tome 3 ! Nika n'hésite pas en effet à sortir tout un attirail SM pour désinhiber Arata...ce qui m'a plutôt étonnée, venant d'une jeune fille de son âge, mais bon. Ce qui est sûr, c'est que l'auteure vire progressivement vers la folie pas très douce (!) et son scénario s'en ressent : le principe des "survival sources" - seuls les plus méritants obtiennent les meilleures chambres, après des épreuves limite dangereuses - reste un concept très original pour un voyage scolaire ! L'humour est toujours bien présent, forcément, même si on découvre enfin le secret d'Arata, un peu plus "tragique". J'ai en tout cas été un peu moins emballée par ce tome que d'habitude, ça partait peut-être un peu trop dans tous les sens à mon goût. Mais vivement la suite quand même !
@ savoir : à la fin de ce tome, on a la surprise de découvrir le "one-shot" à l'origine de la série ! Intéressant et rigolo !
@ savoir aussi (même si c'est parfaitement inutile) : à chaque fois que je lis la couverture de ce manga, la chanson de Mika me trotte dans la tête, avec des paroles différentes : "Switch girl, you are beautiful ! Switch girl, you are beautiful !"... Oui, oui, je sais, je sais, mais je vous avais prévenus : cette info est parfaitement inutile ! ;-)
Par Natsumi Aida, chez Delcourt.
vendredi 29 juillet 2011
jeudi 28 juillet 2011
Bliss : Métamorphose d'une fille ordinaire
"Autant vous le dire : je m'appelle Bliss Cavendar. Bon Dieu, rien que de l'écrire, ce nom me file la nausée. Ironique, quand on pense que Bliss signifie "bonheur suprême" ou "félicité absolue" et que telle que vous me voyez je n'ai rien d'un Bisounours."
Bliss, seize ans, est en rébellion avec le monde : elle ne supporte plus sa mère obsédée par les concours de beauté et qui veut à tout prix que Bliss en remporte un, elle n'insiste plus auprès de son père qui soutient passivement - et craintivement - sa mère, et surtout, surtout, elle n'arrive plus à endurer la vie monotone et insipide qu'ils mènent à Bodeen, la ville du Texas la plus craignos qu'elle connaisse. Il faut dire que Bliss est punk dans l'âme, et rêve d'autres horizons. Alors, quand elle découvre par hasard le roller derby - un sport de filles com-plè-te-ment fou - c'est le déclic. Sur ses vieux rollers Barbie, elle va tout faire pour intégrer l'équipe et rejoindre une tripotée de filles cool et déjantées. Bliss va alors entrer dans la cour des grandes et enfin goûter à la vie qui la fait rêver : rock'n roll, underground et...passionnée ! Yihah !
Les filles, ce roman est fait pour vous ! Dès le début, ça carbure fort, et ça envoie vanne sur vanne, avec une ironie mordante et le sens des bons mots :
Allez savoir comment, par quelle curieuse magouille, je me suis retrouvée dans un bled du Texas, avec deux imposteurs culturellement déficients en guise de parents.La jeune fille porte sur sa ville natale un regard acerbe qui m'a beaucoup amusée et qui fait rejaillir une mini-caricature du Texas :
L'espoir, à Bodeen, Texas, on ne carbure qu'à ça. A moins bien sûr d'être un péquenaud, qui fait du foot américain, roule en pick-up et écoute de la country. Si c'est votre cas, pas de doute, Bodeen est votre Terre promise. Petit veinard.Ou encore :
Jésus s'éclatera en skateboard dans les rues de Bodeen avant qu'un beau mec ne mette un pied dans ce bled.Bref, j'ai été séduite dès le début du roman par cette gamine qui n'a pas la langue dans sa poche et qui se rebelle contre la culture de masse et le diktat de la beauté. J'aime ! Le roman part ensuite à cent à l'heure, entre les disputes avec sa mère, les escapades clandestines avec Pash sa meilleure amie, et surtout la découverte du roller-derby, sport féminin décrit de telle sorte que j'ai tout de suite eu envie de voir ce que c'est en vrai ! Ça a l'air vraiment spectaculaire et en tout cas l'enthousiasme de Bliss retranscrit bien son plaisir à pratiquer ce sport. J'ai vraiment été de tout coeur avec ce petit brin de fille, que j'ai trouvée sympathique - ce qui ne m'arrive pas si souvent dans mes lectures. J'étais derrière elle comme une fan, brûlant d'envie que ses rêves se réalisent... Par contre, la fin du roman m'a quelque peu déçue, un peu trop rapide et trop brutale dans l'évolution de la psychologie des personnages - j'aurais aimé un peu plus de finesse à ce niveau. Mais je reste très emballée par ce roman qui m'a fait vibrer et qui devrait plaire à toutes les adolescentes un peu rebelles. Allez, les filles, venez lire l'histoire de Bliss et frissonner devant ses exploits sur patins à roulettes ! Yihah !
@ voir : le film de Drew Barrymore, que je brûle d'impatience de voir !
@ lire : l'avis de Clarabel.
Par Shauna Cross, chez Milan, collection Macadam, 10,50 €.
mercredi 27 juillet 2011
Pensées de Manon D. sur moi-même
"Il y a elle, moi, sa déprime, ses coups de cafard, ses boîtes de Kleenex, ses comprimés pour se bosster, ses comprimés pour se calmer et ses "J'en ai marre, Manon, j'en ai marre...".
L'amour ?
Bon, d'abord, il se méfie, le Monsieur Pascal, de ceux qui sont attirés par la seule beauté. Il dit que la beauté passe. Que le beau deviendra moche, quoi.
Ce n'est pas un scoop. Mais si tu tombes amoureuse d'un déjà moche, je ne vois pas ce que tu y gagnes. Le moche est moche plus tôt. C'est tout.
Au final, je suis un peu à l'étroit.
Et encore, je n'ai pas compté le chat !"
Et encore, je n'ai pas compté le chat !"
Manon Dussautier vit seule avec sa mère (divorcée), son chat et Robert son nain de jardin. Et puis de temps en temps, elle va chez son père, sa nouvelle femme, son demi-frère Minus et...et...Léa, la fille de sa belle-mère, qu'elle déteste au plus haut point. Bref, un quotidien propice aux coups de gueule, que Manon retranscrit d'une façon très personnelle dans son journal intime. Mais cet été, tout peut changer, car sa mère a prévu un voyage au Maroc...!
Beaucoup de critiques enthousiastes sur ce livre, et un design qui retient l'attention : il n'en fallait pas plus pour que je me jette sur ce roman ! Si la présentation tient ses promesses - le journal est ponctué de dessins, de mots griffonnés sur des feuilles quadrillées et de phrases écrites à la main entre les lignes imprimées du livre - je suis un peu déçue par le contenu. Compte tenu des critiques lues sur la toile, je m'attendais à un peu plus de piquant, à davantage d'ironie mordante. Or, c'est drôle, effectivement, mais plutôt sage, et on sent que l'auteure hésite entre le ton humoristique et l'émotion, sans se lâcher vraiment dans un sens ou dans l'autre. Cela dit, j'ai beaucoup aimé le roman-photo que Manon crée avec des personnages découpés dans du papier, sur le modèle de ce qu'elle a pu lire dans un magazine "pour vieux". Autre personnage amusant : le nain de jardin, auquel Manon se confie comme s'il était vivant, et qui intervient régulièrement dans le journal de Manon grâce à ses dessins. Et bien sûr, j'ai bien aimé comment Manon prend Pascal (le philosophe) pour modèle pour le titre de son journal. Ses réactions de jeune fille aux pensées sages du vieux philosophe m'ont bien fait rire :
Je me lance !L'amour ?
Bon, d'abord, il se méfie, le Monsieur Pascal, de ceux qui sont attirés par la seule beauté. Il dit que la beauté passe. Que le beau deviendra moche, quoi.
Ce n'est pas un scoop. Mais si tu tombes amoureuse d'un déjà moche, je ne vois pas ce que tu y gagnes. Le moche est moche plus tôt. C'est tout.
En tout cas, tout est réuni pour passer un moment de détente très agréable, et ce bel objet devrait plaire sans aucun doute aux jeunes adolescentes. A mon avis, il y aura une suite...que j'espère encore plus piquante !
Par Sophie Dieuaide, chez Casterman, 15 €.
mardi 26 juillet 2011
Les prisonniers en France - Derrière les barreaux
"Au fond, être dehors ou dedans, à quelque chose près, était la même chose pour beaucoup. Il y avait les forts et les faibles, ceux qui ordonnaient et ceux qui obéissaient. J'ai eu le sentiment que la plupart d'entre eux portaient une prison en eux, la pire de toutes, qui consistait en un manque flagrant d'imagination sur ce que pourrait être une vie d'homme libre, c'est-à-dire pensant."
Que ressent-on quand on se retrouve derrière les barreaux ? Quelle est la réalité de ces établissements, et quel type de vie peut-on y mener ? Ce livre tente de répondre à ces questions, en donnant la parole aux prisonniers eux-mêmes. Ils y livrent leur expérience et leur point de vue sur la fonction de réinsertion - réelle ou non - des prisons.
En un peu plus de 100 pages, ce livre permet au lecteur de faire un premier pas dans un univers complexe et méconnu : celui des prisons. Les témoignages des prisonniers permettent de voir ce qui s'y passe "dans les coulisses" - trafics, règlements de compte, relations sexuelles rapides et cachées dans un parloir - et surtout amènent les intéressés à s'interroger sur la fonction de la prison : punir, oui, mais encore ? En effet, les prisons ont aussi un objectif de travail sur la réinsertion. Mais est-ce vraiment le cas ? Sans chercher à excuser les détenus de leurs crimes ou à les faire passer pour des victimes, ce livre lance donc un débat plus grand : quelle prison imaginer pour l'avenir, et, plus largement encore, pourquoi la délinquance ? Le livre comporte aussi de la documentation concrète, comme une chronologie des prisons en France, une typologie des prisons, mais aussi des entretiens avec des directeurs de foyers d'hébergement, qui peuvent témoigner de ce qui se passe pour les détenus après leur libération, mais aussi de leur travail en amont pour éviter à des jeunes de faire la bêtise de trop qui les mènerait en prison. Un sujet complexe, donc, dont ce livre n'est qu'une introduction, mais qui donne envie d'en savoir plus et d'aller plus loin.
Par Philippe Godard, chez Syros, collection J'accuse !, 7,50 €.
lundi 25 juillet 2011
Les zinzins de l'assiette
"Ma mère ne savait pas cuisiner. Pas du tout, du tout. Même pas les pâtes qu'elle servait toujours "al dente" en m'expliquant systématiquement que les Italiens les mangeaient ainsi. Je lui faisais remarquer que "pas cuit'" était plutôt le terme approprié mais elle disait que je n'y connaissais rien et que "al dente" convenait parfaitement à ses macaronis croquants."
Depuis qu'il déguste tous les mercredis midi des plats succulents et raffinés avec la famille de son meilleur ami, Milos ne supporte plus la cuisine insipide - et souvent ratée, il faut le dire - de sa mère. Car sa mère déteste cuisiner. Et n'a aucune envie de faire un effort - c'est vrai, quoi, après tout, ce serait comme affirmer que c'est son rôle de femme de faire la popote ! Et pour une féministe convaincue comme sa mère, c'est impossible. Alors, avec l'aide de ses trois frères, Milos décide d'agir. Il va reprendre la cuisine en main et faire à manger lui-même. A lui les fourneaux !
La malbouffe, voilà un thème original dans un roman jeunesse ! Et c'est un phénomène justement plutôt répandu, dans une société où les familles monoparentales ne sont pas rares et où les emplois du temps surbookés ou les trajets épuisants n'incitent pas à jouer les cordons bleus à chaque repas. En fait, la gastronomie sert ici de tremplin pour aborder une autre question, beaucoup plus cruciale : celle d'une mère de famille devant élever toute seule 4 enfants, épuisée et débordée. Le (bon) repas devient alors le liant de la fratrie, qui se sert les coudes tout en tâchant de ne pas dépasser le budget "cuisine" alloué par leur mère (qui fait ce qu'elle peut pour joindre les deux bouts). C'est une lecture plutôt plaisante, et vraiment, j'ai trouvé que l'approche sortait de l'ordinaire. La narration et les dialogues restent dans une veine relativement classique, et le tout se lit d'une traite. La fin est sans doute un peu trop "happy end" pour moi [attention, spoiler] : que la maman tombe amoureuse d'un homme qui a justement quatre filles, c'est un peu trop beau pour mon petit cerveau pas si crédule, mais bon... [fin du spoiler] En tout cas, voilà un livre qui offre plein de bons sentiments et de bonnes odeurs de cuisine : c'est déjà pas si mal ! ;-)
@ lire : l'avis de Fantasia.
Par Audren, chez L'école des loisirs, collection Neuf, 8 €.
samedi 23 juillet 2011
Rivage mortel
"Du sang coule le long de son avant-bras et goutte de ses doigts. Mais ce n'est pas ça que je regarde. Ce que je regarde, c'est la blessure en forme de croissant de lune qu'il a sur l'épaule. L'endroit où il a été mordu."
Gabry vit seule avec sa mère, dans un petit village au bord de la mer, et habite dans le phare qui surveille la plage. Car la mer rejette quotidiennement quantités de Mudos gorgés d'eau - des zombies dont la morsure vous contamine irrémédiablement. Tout autour du village, il y a également des barrières, protection indispensable contre les Mudos qui pullulent dans la forêt environnante. Malgré la menace, malgré l'horreur, une vie presque normale continue dans le village, quitte à oublier le danger. Et un soir, Gabry et ses amis franchissent la barrière interdite. Un folie qui leur coûte cher. Car ils sont attaqués par surprise et plusieurs d'entre eux sont mordus...
Gabry vit seule avec sa mère, dans un petit village au bord de la mer, et habite dans le phare qui surveille la plage. Car la mer rejette quotidiennement quantités de Mudos gorgés d'eau - des zombies dont la morsure vous contamine irrémédiablement. Tout autour du village, il y a également des barrières, protection indispensable contre les Mudos qui pullulent dans la forêt environnante. Malgré la menace, malgré l'horreur, une vie presque normale continue dans le village, quitte à oublier le danger. Et un soir, Gabry et ses amis franchissent la barrière interdite. Un folie qui leur coûte cher. Car ils sont attaqués par surprise et plusieurs d'entre eux sont mordus...
Ce roman est la suite de La forêt des Damnés - même si l'héroïne principale change. En effet, Mary, devenue femme, passe au second plan, et c'est Gabry, sa fille, qui devient le personnage principal du roman. J'ai attendu cette suite comme un zombie attend sa proie - haletante, impatiente et limite la bave aux lèvres - et je me suis donc jetée dessus comme une affamée malgré l'épaisseur du volume. Pourtant, j'ai été plutôt déçue par cette lecture, trouvant que le roman était un peu mou et comportait de nombreuses longueurs. Contrairement au tome précédent, j'ai trouvé que celui-ci faisait la part belle aux amourettes d'adolescents, aux coups de foudre volatiles de Gabry qui ne sait plus qui aimer, et ça m'a un peu agacée... J'ai trouvé qu'on s'éloignait de l'essentiel : la menace permanente d'une invasion, d'une contamination, et la recherche de ce qui s'est passé, et de ce qui existe au-delà de la Barrière... Bref, j'aurais aimé qu'on entre plus rapidement dans le vif du sujet ! Car en revanche, à partir du dernier tiers du roman, je ne pouvais plus m'arrêter et j'ai vraiment été happée par le récit, avide de savoir ce qui allait se passer, et tétanisée par la dernière scène qui offre une vision d'horreur vraiment incroyable. Si seulement tout le roman avait été comme ça, intense, vif, dans le feu de l'action ! Il aurait gagné en dynamisme, et aurait perdu quelques pages superflues au passage. Du coup, au bout de 500 pages, on n'en sait guère plus sur ce qui s'est passé avant la catastrophe, et on peut avoir l'impression d'avoir (presque) lu deux fois la même histoire, entre le premier tome et le deuxième volume... Oui, déçue, donc, j'attendais beaucoup mieux de cette suite, ayant été réellement éblouie par le tome initial. Reste un univers tout de même très particulier, et une certaine fascination morbide pour ce monde détruit et apocalyptique, dans lequel rien ne pourra jamais plus être "comme avant"...
@ lire : l'avis de Céline, Lael, Mina et Sophie.
@ lire : l'avis de Céline, Lael, Mina et Sophie.
Par Carrie Ryan, chez Gallimard jeunesse, 17,50 €.
vendredi 22 juillet 2011
Le loup ne nous mangera pas !
"Venez tous !
Venez tous !
Venez tous !
Nous avons capturé un loup sauvage !"
Trois petits cochons l'annoncent fièrement au porte-voix : ils ont capturé un loup sauvage ! Et les voilà enchaînant divers numéros de cirque mettant en scène leur prisonnier : lancer de couteaux, saut à travers un cerceau, numéros de dressage, lancer dans un canon,... Tout est permis, car de toute façon, le loup ne les mangera pas ! ...mais en est-on si sûr ?
Hi hi ! Cet album facétieux joue avec les classiques du genre : le titre, déjà, rappelle la comptine de "Promenons-nous dans les bois". Ensuite, les trois petits cochons sont des protagonistes bien connus des contes avec des loups. Enfin, le décor et l'histoire utilisent au maximum la thématique du cirque : affiches, porte-voix, costumes des petits cochons, numéros et tours de magie,... Bref, tout ceci donne un sentiment de déjà vu, et on se sent dans un univers familier, quoiqu'étrange tout de même, puisque cette fois, c'est le loup la victime ! Et la surprise finale vaut bien toute cette mise en scène. C'est amusant, bien fichu - j'aime que la calligraphie s'adapte au contenu du texte, avec des lettres trouées pour le lancer de couteau, ou des lettres poilues pour le final - et ça doit être très efficace quand c'est raconté à haute voix devant un public...terrorisé ! ;-)
@ ne pas rater : les 2ème et 3ème de couverture, qui participent discrètement à l'histoire.
@ lire : l'avis d'Esmeraldae.
Par Emily Gravett, chez Kaléidoscope, 13 €.
Venez tous !
Venez tous !
Nous avons capturé un loup sauvage !"
Trois petits cochons l'annoncent fièrement au porte-voix : ils ont capturé un loup sauvage ! Et les voilà enchaînant divers numéros de cirque mettant en scène leur prisonnier : lancer de couteaux, saut à travers un cerceau, numéros de dressage, lancer dans un canon,... Tout est permis, car de toute façon, le loup ne les mangera pas ! ...mais en est-on si sûr ?
Hi hi ! Cet album facétieux joue avec les classiques du genre : le titre, déjà, rappelle la comptine de "Promenons-nous dans les bois". Ensuite, les trois petits cochons sont des protagonistes bien connus des contes avec des loups. Enfin, le décor et l'histoire utilisent au maximum la thématique du cirque : affiches, porte-voix, costumes des petits cochons, numéros et tours de magie,... Bref, tout ceci donne un sentiment de déjà vu, et on se sent dans un univers familier, quoiqu'étrange tout de même, puisque cette fois, c'est le loup la victime ! Et la surprise finale vaut bien toute cette mise en scène. C'est amusant, bien fichu - j'aime que la calligraphie s'adapte au contenu du texte, avec des lettres trouées pour le lancer de couteau, ou des lettres poilues pour le final - et ça doit être très efficace quand c'est raconté à haute voix devant un public...terrorisé ! ;-)
@ ne pas rater : les 2ème et 3ème de couverture, qui participent discrètement à l'histoire.
@ lire : l'avis d'Esmeraldae.
Par Emily Gravett, chez Kaléidoscope, 13 €.
jeudi 21 juillet 2011
Pingouin glacé
"J'ai très froid.
Et si je me tricotais une écharpe ?
Pas très efficace !"
Sur la banquise, pingouin a très froid. Que faire pour se réchauffer ? Se tricoter une écharpe ? Faire une bonne flambée ? S'élancer sur la glace en faisant mille pirouettes en patins ? Non, rien de tout cela n'est efficace. Par contre, prendre dans ses bras une jolie demoiselle pingouin, ça, c'est efficace, et ça donne vraiment chaud ! Hmmm...
Voilà un album pour tout petits pas du tout de saison (quoique...!), mais qui fait un bien fou ! La chute de l'album est plutôt attendue (enfin, moi je m'y attendais, je pense avoir déjà vu ce type d'histoire quelque part...?), mais les dessins, tout en simplicité et en délicatesse, donnent à cette petite histoire une ambiance particulière. L'humour est également présent, et les mésaventures du pingouin feront sûrement sourire les petits lecteurs. Et puis, méga super giga bonus : la chute de l'album donne un bon prétexte pour finir l'histoire sur un gros câlin avec son enfant... Et ça, ça ne vaut pas le coup de s'en priver !
@ lire : l'avis de Citrouille et Sophie.
Par Constanze V. Kitzing, chez La Joie de Lire, 9,80 €.
Et si je me tricotais une écharpe ?
Pas très efficace !"
Sur la banquise, pingouin a très froid. Que faire pour se réchauffer ? Se tricoter une écharpe ? Faire une bonne flambée ? S'élancer sur la glace en faisant mille pirouettes en patins ? Non, rien de tout cela n'est efficace. Par contre, prendre dans ses bras une jolie demoiselle pingouin, ça, c'est efficace, et ça donne vraiment chaud ! Hmmm...
Voilà un album pour tout petits pas du tout de saison (quoique...!), mais qui fait un bien fou ! La chute de l'album est plutôt attendue (enfin, moi je m'y attendais, je pense avoir déjà vu ce type d'histoire quelque part...?), mais les dessins, tout en simplicité et en délicatesse, donnent à cette petite histoire une ambiance particulière. L'humour est également présent, et les mésaventures du pingouin feront sûrement sourire les petits lecteurs. Et puis, méga super giga bonus : la chute de l'album donne un bon prétexte pour finir l'histoire sur un gros câlin avec son enfant... Et ça, ça ne vaut pas le coup de s'en priver !
@ lire : l'avis de Citrouille et Sophie.
Par Constanze V. Kitzing, chez La Joie de Lire, 9,80 €.
mercredi 20 juillet 2011
Bakuman - tome 5
"On était partagés entre la joie d'avoir enfin notre série et la tristesse de devoir se séparer de M. Hattori, mais notre envie de nous donner à fond s'était encore renforcée."
Ca y est, Saikô et Shûjin ont enfin réussi à commencer une série dans le Jump ! Cependant, ils apprennent qu'ils vont devoir changer de responsable éditorial. Miura sera-t-il à la hauteur de M. Hattori ? Et puis nos deux mangakas en herbe vont devoir assumer de nouvelles responsabilités, puisqu'ils vont accueillir trois assistants dans leur atelier. Mais, et c'est le plus important, vont-ils réussir à faire durer leur série et à surmonter l'épreuve implacable des sondages ?
Youpie, nos deux héros ont enfin les deux pieds dans le Jump ! Cette fois, ils vont vraiment se rendre compte de ce qu'est la vie d'un professionnel...tout en continuant le lycée ! Ils vont aussi se retrouver face à des choix stratégiques cruciaux concernant la suite de leur série, et à apprendre à ne pas se laisser monter la tête par les votes réalisés par les lecteurs du magazine. Ce tome fait apparaître encore de nouveaux personnages : Miura, bien sûr, qui va devoir faire ses preuves, mais aussi Hiramaru, un nouveau mangaka un brin dépressif qui rejoint notre clique de jeunes auteurs prometteurs...et donc un rival potentiel supplémentaire ! Hiramaru apporte d'ailleurs une touche d'humour, dans son numéro d'auteur désespéré, larmoyant, lunatique et vraiment pas indépendant. Enfin, Miho n'est pas oubliée, puisque son avenir est également en jeu dans cet épisode... J'ai particulièrement aimé que les jeunes auteurs se retrouvent enfin en compétition, et que le lecteur soit tenu en haleine par les résultats des votes... Et la course vers la gloire ne fait que commencer ! Vite, la suiiiiiiiite !
Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, chez Kana.
Ca y est, Saikô et Shûjin ont enfin réussi à commencer une série dans le Jump ! Cependant, ils apprennent qu'ils vont devoir changer de responsable éditorial. Miura sera-t-il à la hauteur de M. Hattori ? Et puis nos deux mangakas en herbe vont devoir assumer de nouvelles responsabilités, puisqu'ils vont accueillir trois assistants dans leur atelier. Mais, et c'est le plus important, vont-ils réussir à faire durer leur série et à surmonter l'épreuve implacable des sondages ?
Youpie, nos deux héros ont enfin les deux pieds dans le Jump ! Cette fois, ils vont vraiment se rendre compte de ce qu'est la vie d'un professionnel...tout en continuant le lycée ! Ils vont aussi se retrouver face à des choix stratégiques cruciaux concernant la suite de leur série, et à apprendre à ne pas se laisser monter la tête par les votes réalisés par les lecteurs du magazine. Ce tome fait apparaître encore de nouveaux personnages : Miura, bien sûr, qui va devoir faire ses preuves, mais aussi Hiramaru, un nouveau mangaka un brin dépressif qui rejoint notre clique de jeunes auteurs prometteurs...et donc un rival potentiel supplémentaire ! Hiramaru apporte d'ailleurs une touche d'humour, dans son numéro d'auteur désespéré, larmoyant, lunatique et vraiment pas indépendant. Enfin, Miho n'est pas oubliée, puisque son avenir est également en jeu dans cet épisode... J'ai particulièrement aimé que les jeunes auteurs se retrouvent enfin en compétition, et que le lecteur soit tenu en haleine par les résultats des votes... Et la course vers la gloire ne fait que commencer ! Vite, la suiiiiiiiite !
Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, chez Kana.
mardi 19 juillet 2011
Bakuman - tome 4
"Shûjin. Je vais dessiner tout seul désormais.
- Hein ? Que...? Pourquoi ?
- Et tu poses la question ? Quand on veut devenir mangaka, tenir ses délais, c'est primordial !!"
Shûjin n'a pas réussi à terminer ses nemus avant la rentrée, alors qu'il l'avait promis. La punition est sévère : Saikô décide de faire carrière tout seul. En effet, il pense qu'il ne peut plus faire confiance à Shûjin, qui semble trop accaparé par sa relation amoureuse avec Miyoshi. Le duo va donc se séparer. Mais sauront-ils avoir du succès chacun dans leur coin ? Et comment leur éditeur va-t-il réagir à cette nouvelle ?
Waouw ! Ce quatrième tome commence fort, avec un rebondissement de choc ! La "rupture" entre Shûjin et Saikô était latente, on sentait que ça allait sans doute arriver, mais néanmoins, ça m'a fait mal au coeur, car leur duo me plait beaucoup. Par conséquent, j'avais vraiment envie de savoir ce qui allait se passer ensuite, et j'ai dévoré cet épisode en deux temps trois mouvements ! J'ai trouvé que les auteurs se sont un peu plus amusés que d'habitude dans ce tome - plus de scènes comiques, et d'ailleurs les dessins suivent en étant un peu moins sérieux quand les personnages font des blagues. Je suis de plus en plus passionnée par l'émulsion qui se crée autour des jeunes auteurs - Shûjin et Saikô, mais aussi Fukuda, Nakai et Niizuma - et leurs discussions sur leur vision du manga sont vraiment très intéressantes. Alors qu'il m'effrayait un peu au départ, Niizuma me paraît de plus en plus sympathique, ayant même un certain potentiel comique. C'est aussi le cas de Fukuda, ce grand excité qui a un certain idéal du manga et qui est prêt à tout pour le défendre contre les tentations marketing ou commerciales des éditeurs. J'aime de plus en plus cette série, et je suis vraiment envoûtée par cette ambiance de création qui donne envie de s'y mettre aussi ! ;-)
Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, chez Kana.
- Hein ? Que...? Pourquoi ?
- Et tu poses la question ? Quand on veut devenir mangaka, tenir ses délais, c'est primordial !!"
Shûjin n'a pas réussi à terminer ses nemus avant la rentrée, alors qu'il l'avait promis. La punition est sévère : Saikô décide de faire carrière tout seul. En effet, il pense qu'il ne peut plus faire confiance à Shûjin, qui semble trop accaparé par sa relation amoureuse avec Miyoshi. Le duo va donc se séparer. Mais sauront-ils avoir du succès chacun dans leur coin ? Et comment leur éditeur va-t-il réagir à cette nouvelle ?
Waouw ! Ce quatrième tome commence fort, avec un rebondissement de choc ! La "rupture" entre Shûjin et Saikô était latente, on sentait que ça allait sans doute arriver, mais néanmoins, ça m'a fait mal au coeur, car leur duo me plait beaucoup. Par conséquent, j'avais vraiment envie de savoir ce qui allait se passer ensuite, et j'ai dévoré cet épisode en deux temps trois mouvements ! J'ai trouvé que les auteurs se sont un peu plus amusés que d'habitude dans ce tome - plus de scènes comiques, et d'ailleurs les dessins suivent en étant un peu moins sérieux quand les personnages font des blagues. Je suis de plus en plus passionnée par l'émulsion qui se crée autour des jeunes auteurs - Shûjin et Saikô, mais aussi Fukuda, Nakai et Niizuma - et leurs discussions sur leur vision du manga sont vraiment très intéressantes. Alors qu'il m'effrayait un peu au départ, Niizuma me paraît de plus en plus sympathique, ayant même un certain potentiel comique. C'est aussi le cas de Fukuda, ce grand excité qui a un certain idéal du manga et qui est prêt à tout pour le défendre contre les tentations marketing ou commerciales des éditeurs. J'aime de plus en plus cette série, et je suis vraiment envoûtée par cette ambiance de création qui donne envie de s'y mettre aussi ! ;-)
Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, chez Kana.
lundi 18 juillet 2011
L'or et le sang (tome 2) : Inch'Allah
"Ah, je vois... On gratte un peu le pirate, et tout de suite, on retrouve l'aristo... En somme, t'es un héros de salon."
Léon le Corse et Calixte l'aristo débarquent au Maroc et comptent bien liquider leur cargaison d'armes à bon prix. Mais Tanger est la terre de tous les dangers : dans l'affrontement entre les Espagnols et les rebelles, on ne peut faire confiance à personne, surtout pas aux traîtres... Nos deux apprentis pirates ne vont-ils pas laisser leur peau dans le désert marocain ?
Après un premier tome prometteur, "Inch' Allah" se devait de réussir l'épreuve du deuxième épisode. Et c'est chose faite : un aller direct pour le dépaysement et pour une bande dessinée d'ambiance qui nous fait voyager au coeur du Maroc. Le plan humain n'est pas en reste, en tout cas, puisque des tensions inévitables remontent entre le modeste Léon et Calixte le rupin qui ne pourra jamais totalement se démunir de son rang malgré tous ses efforts. Le plan politique est également fort intéressant, puisque ce tome nous plonge dans la rébellion contre les forces espagnoles. Et puis, j'aime que s'improviser contrebandier ne soit pas si facile que ça pour nos deux pirates en herbe : ils n'ont sûrement pas fini de tomber dans des pièges, et c'est tant mieux, car j'y crois davantage ainsi. La fin de l'épisode nous promet une suite palpitante...Léon et Calixte deviendront-ils les princes du Djebel ? Seule la suite nous le dira !
Par Bedouel, Merwan, Defrance & Nury, chez 12bis, 13 €.
Léon le Corse et Calixte l'aristo débarquent au Maroc et comptent bien liquider leur cargaison d'armes à bon prix. Mais Tanger est la terre de tous les dangers : dans l'affrontement entre les Espagnols et les rebelles, on ne peut faire confiance à personne, surtout pas aux traîtres... Nos deux apprentis pirates ne vont-ils pas laisser leur peau dans le désert marocain ?
Après un premier tome prometteur, "Inch' Allah" se devait de réussir l'épreuve du deuxième épisode. Et c'est chose faite : un aller direct pour le dépaysement et pour une bande dessinée d'ambiance qui nous fait voyager au coeur du Maroc. Le plan humain n'est pas en reste, en tout cas, puisque des tensions inévitables remontent entre le modeste Léon et Calixte le rupin qui ne pourra jamais totalement se démunir de son rang malgré tous ses efforts. Le plan politique est également fort intéressant, puisque ce tome nous plonge dans la rébellion contre les forces espagnoles. Et puis, j'aime que s'improviser contrebandier ne soit pas si facile que ça pour nos deux pirates en herbe : ils n'ont sûrement pas fini de tomber dans des pièges, et c'est tant mieux, car j'y crois davantage ainsi. La fin de l'épisode nous promet une suite palpitante...Léon et Calixte deviendront-ils les princes du Djebel ? Seule la suite nous le dira !
Par Bedouel, Merwan, Defrance & Nury, chez 12bis, 13 €.
samedi 16 juillet 2011
Le petit Gus fait sa crise
"Je voudrais pas être raciste ou quoi mais franchement, les filles, c'est pénible.
A l'école, il y a une fille qui s'appelle Tamara qui me fait du harcèlement sexuel."
La vie continue avec son train-train quotidien pour Gus, à quelques changements près : son père devient de plus en plus radin, sa mère ne jure que par les conseils éducatifs d'un pédiatre sévère et frustré, sa soeur veut adopter un rat, son chat refuse de prendre sa pilule, et son frère, son frère, euh, lui, n'a pas changé, il est toujours aussi nul en classe ! Et le petit Gus dans tout ça ? Il ne comprend pas toujours les adultes, il aimerait qu'on lui rende sa console DS lite confisquée (fichu pédiatre !) et vraiment, vraiment, il aimerait que Tamara lui fiche la paix...
Je l'avais promis, je continue donc avec joie la série du Petit Gus. On enchaîne directement dans la même lancée que le premier, et les événements font d'ailleurs souvent des rappels à ce qu'on a appris dans le livre précédent : l'accouchement du chat dans le tiroir à cravates du papa, le don du chaton préféré de Gus à un petit camarade (forcément farouchement détesté depuis ce jour),... Le petit bonhomme de 10 ans continue à donner son avis naïf mais pas toujours bête sur l'actualité politique : expulsions d'immigrés clandestins, inflation, la vente d'armes légale aux Etats-Unis,... Son regard d'enfant couplé à sa mauvaise foi incroyable suscitent encore une fois beaucoup d'humour et proposent au lecteur adulte de prendre du recul sur son propre comportement. A lire sans modération par les grands aussi...à l'instar du Petit Nicolas ! J'aime beaucoup !
@ lire : l'avis de Clarabel, Hélène et Ricochet.
Par Claudine Desmarteau, chez Albin Michel, 12,90 €.
A l'école, il y a une fille qui s'appelle Tamara qui me fait du harcèlement sexuel."
La vie continue avec son train-train quotidien pour Gus, à quelques changements près : son père devient de plus en plus radin, sa mère ne jure que par les conseils éducatifs d'un pédiatre sévère et frustré, sa soeur veut adopter un rat, son chat refuse de prendre sa pilule, et son frère, son frère, euh, lui, n'a pas changé, il est toujours aussi nul en classe ! Et le petit Gus dans tout ça ? Il ne comprend pas toujours les adultes, il aimerait qu'on lui rende sa console DS lite confisquée (fichu pédiatre !) et vraiment, vraiment, il aimerait que Tamara lui fiche la paix...
Je l'avais promis, je continue donc avec joie la série du Petit Gus. On enchaîne directement dans la même lancée que le premier, et les événements font d'ailleurs souvent des rappels à ce qu'on a appris dans le livre précédent : l'accouchement du chat dans le tiroir à cravates du papa, le don du chaton préféré de Gus à un petit camarade (forcément farouchement détesté depuis ce jour),... Le petit bonhomme de 10 ans continue à donner son avis naïf mais pas toujours bête sur l'actualité politique : expulsions d'immigrés clandestins, inflation, la vente d'armes légale aux Etats-Unis,... Son regard d'enfant couplé à sa mauvaise foi incroyable suscitent encore une fois beaucoup d'humour et proposent au lecteur adulte de prendre du recul sur son propre comportement. A lire sans modération par les grands aussi...à l'instar du Petit Nicolas ! J'aime beaucoup !
@ lire : l'avis de Clarabel, Hélène et Ricochet.
Par Claudine Desmarteau, chez Albin Michel, 12,90 €.
vendredi 15 juillet 2011
Magnus Million et le dortoir des cauchemars
"Totem est un hibou vieux garçon, aux habitudes rangées et invariables. J'allais dire : réglées comme un coucou, mais Totem, grand seigneur de la vie nocturne, détesterait cette comparaison."
Magnus Million est fils de milliardaire. Et il vient d'hériter de 1341 heures de colle. A écouler dans l'ambiance sordide du pensionnat de son lycée. Un gosse de riche, avec la racaille de la ville ? Le jeune garçon de 14 ans devra jouer des coudes pour y trouver sa place. Mais le dortoir n'est pas qu'une prison lugubre et malfamée. C'est aussi le lieu idéal pour voir tout ce qui se passe la nuit dans le lycée. Des choses que personne ne devrait voir. Or, une ombre verte malfaisante rôde dans le brouillard qui entoure le lycée des sciences de Friecke. Et la rumeur court que des gens disparaissent dans la nuit... Magnus Million va se retrouver au milieu d'un complot dangereux, qui dépasse les lois de la stricte science, et qui va le mener dans un monde fantastique et effrayant...
Formidable ! Lire un roman du formidable Jean-Philippe Arrou-Vignod, auteur du non moins formidable Enquête au collège (et d'autres aventures policières du célèbre P.P. Cul-Vert), cela promettait un bon moment de spectacle littératuresque. Et on y retrouve le lieu de prédilection de l'auteur : l'établissement scolaire, la scène de crime la plus ordinaire mais aussi finalement la plus excitante pour les jeunes écoliers en mal d'émotions fortes - souvenez-vous d'ailleurs d'autres histoires se passant dans un pensionnat, comme Les disparus de Saint-Agil, modèle du genre. Ici, l'auteur s'autorise une visite dans le fantastique, et enveloppe tout son roman d'une étrange brume verte maléfique... Alors, réussi, ou non ? Hé bien, je ne sais pas si c'est le passage des années, mais il me semble que la série Enquête au collège et compagnie, c'était quand même plus vif et plus piquant. J'ai trouvé que Magnus Million était un héros plus pantouflard dans son genre, et qu'il donnait au roman une ambiance un peu cotonneuse, planplan et molle. Pourtant, tous les ingrédients sont bien là, l'histoire est bien trouvée et tient la route, mais voilà, je n'ai pas été happée, j'ai trouvé tout cela un peu long et un peu trop enrobé. Et puis, je n'ai pas aimé la fin, trop abrupte, pas vraiment logique : [attention, spoiler ! Surligner pour lire] les deux méchants qui se jettent dans le vide parce qu'ils ont échoué, j'y crois pas trop... [fin du spoiler] Voilà, j'aurais adoré adorer, mais non, ça n'a pas collé. Il reste une belle ambiance de pensionnat, un petit je ne sais quoi de suranné qui a son charme... A vous de voir, je vous laisse libre d'entrer, si vous l'osez, dans le pensionnat des cauchemars...!
@ lire : l'avis de Faelys, Ricochet, de Sophie et de la librairie Sandales d'Empédocle, tous beaucoup plus enthousiastes que moi, alors si ça vous tente, lancez-vous quand même ! ;-)
@ lire : l'avis de Faelys, Ricochet, de Sophie et de la librairie Sandales d'Empédocle, tous beaucoup plus enthousiastes que moi, alors si ça vous tente, lancez-vous quand même ! ;-)
Par Jean-Philippe Arrou-Vignod, chez Gallimard jeunesse, 17,50 €.
jeudi 14 juillet 2011
Oeuf
"Voilà exactement à quoi ressemblait la vie de David depuis le 29 avril de l'année précédente : un aller simple pour une destination où il ne voulait pas se rendre."
Depuis que sa mère est morte, David n'est plus le même. Bougon, presque agressif, cet enfant de 9 ans a coupé tous les liens avec sa famille et ses amis. Alors, quand sa grand-mère lui propose de participer une chasse aux oeufs de Pâques, il s'y rend à reculons. Il ne se doute pas qu'il va y faire une rencontre inattendue. Et qu'il va passer un été inoubliable, peuplé de sorties nocturnes clandestines, de séances de voyance farfelues et de chasses aux vers de nuit terrifiantes...
Jerry Spinelli, c'est l'auteur du magnifique Stargirl. Ayant beaucoup aimé ce roman d'une fraîcheur inouïe, c'est avec grand intérêt que je me suis penchée sur Oeuf, qui s'adresse à un public plus jeune. Et là encore, l'auteur m'a emportée dans une histoire pleine de vie, aux personnages forts en caractère. J'ai été touchée par le chagrin de David, qui se replie sur lui-même, adoptant même presque des tocs en croyant que cela va faire revenir sa mère. J'ai été émue aussi par l'attention des adultes, que ce soit celle de sa grand-mère pourtant rejetée par David, ou celle de John Frigo, témoin et complice des bêtises de l'enfant. La naïveté de notre héros m'a aussi beaucoup amusée, et le personnage de Primrose vaut carrément le détour, tout en énergie et en colère électrique. Un bon moment de lecture, qui nous jette à la figure les moments forts d'une vie d'enfant, en vrac et sans pathos.
Par Jerry Spinelli, chez L'école des loisirs, collection Neuf, 11 €.
Depuis que sa mère est morte, David n'est plus le même. Bougon, presque agressif, cet enfant de 9 ans a coupé tous les liens avec sa famille et ses amis. Alors, quand sa grand-mère lui propose de participer une chasse aux oeufs de Pâques, il s'y rend à reculons. Il ne se doute pas qu'il va y faire une rencontre inattendue. Et qu'il va passer un été inoubliable, peuplé de sorties nocturnes clandestines, de séances de voyance farfelues et de chasses aux vers de nuit terrifiantes...
Jerry Spinelli, c'est l'auteur du magnifique Stargirl. Ayant beaucoup aimé ce roman d'une fraîcheur inouïe, c'est avec grand intérêt que je me suis penchée sur Oeuf, qui s'adresse à un public plus jeune. Et là encore, l'auteur m'a emportée dans une histoire pleine de vie, aux personnages forts en caractère. J'ai été touchée par le chagrin de David, qui se replie sur lui-même, adoptant même presque des tocs en croyant que cela va faire revenir sa mère. J'ai été émue aussi par l'attention des adultes, que ce soit celle de sa grand-mère pourtant rejetée par David, ou celle de John Frigo, témoin et complice des bêtises de l'enfant. La naïveté de notre héros m'a aussi beaucoup amusée, et le personnage de Primrose vaut carrément le détour, tout en énergie et en colère électrique. Un bon moment de lecture, qui nous jette à la figure les moments forts d'une vie d'enfant, en vrac et sans pathos.
Par Jerry Spinelli, chez L'école des loisirs, collection Neuf, 11 €.
mercredi 13 juillet 2011
Les étranges soeurs Wilcox (tome 2) : L'ombre de Dracula
"Les souvenirs de l'époque heureuse où son père se trouvait encore parmi eux s'étiolaient - papillons blanchâtres égarés dans l'obscurité."
Amber et Luna vivent désormais auprès des Invisibles et de Sherlock Holmes. Mais un jour, Amber disparaît sans un mot. Partie visiblement avec Bram Stoker. Pourquoi cet enlèvement ? Et où se trouve-t-elle à présent ? Pendant ce temps, malgré son inquiétude, Luna se retrouve mêlée à une mission très importante, qui va la mener, en solitaire, jusqu'à Liverpool... Les deux soeurs Wilcox vont affronter bien des dangers et risquer leurs vies dans ces nouvelles aventures...
Le deuxième tome de la série continue à enchanter ses lecteurs ! Fabrice Colin réussit à rebondir et à créer un suspense haletant, cette fois en séparant les deux soeurs, chacune en proie à des menaces inquiétantes. Le changement de lieu(x) - New York et Liverpool - favorise aussi les rebondissements et le dépaysement. L'écriture de l'auteur est toujours aussi savoureuse, et je me suis donc encore une fois régalée ! Je suis vraiment ravie de cette série sur les vampires, qui me réconcilie avec le genre - alors que je ne suis pas vraiment fan des autres séries existantes. [Attention, spoiler !] Evidemment, je ne suis pas vraiment surprise de retrouver dans ce tome des loups-garous, à l'instar de Fascination, même si les deux séries sont totalement différentes. En fait, les loups-garous contribuent à créer un New York fantastique et effrayant, mais ne provoquent aucunement une "surdose" de créatures paranormales. [fin du spoiler] La fin du tome invite les lecteurs à continuer la série, car non, ce n'est pas fini, les soeurs Wilcox ont encore du pain sur la planche, et c'est tant mieux ! (comme ça, cela nous fait de longues heures de lecture-plaisir en perspective...)
Par Fabrice Colin, chez Gallimard jeunesse, 13,50 €.
lundi 11 juillet 2011
Le petit Gus
"Moi, c'est Gus. En fait, je m'appelle Gustave, tout ça parce que les vieux prénoms moches étaient à la mode le jour où je suis né. J'aurais préféré Brad, Bob, ou même Brian, mais je suis bien obligé de me coltiner Gustave."
Gus a dix ans, et plein de choses à raconter. Car sa vie de tous les jours est riche en événements ! Son chat qui accouche dans le tiroir à cravates de son père, sa soeur qui écoute Nirvana à tue-tête toute la journée, son frère qui porte des jeans slim laissant voir son slip, ses parents qui ne supportent par leurs patrons, le problème des retraites, et le réchauffement climatique,...tout y passe ! Son regard d'enfant décortique avec innocence et humour les travers des gens et les questions d'actualité.
Gus a dix ans, et plein de choses à raconter. Car sa vie de tous les jours est riche en événements ! Son chat qui accouche dans le tiroir à cravates de son père, sa soeur qui écoute Nirvana à tue-tête toute la journée, son frère qui porte des jeans slim laissant voir son slip, ses parents qui ne supportent par leurs patrons, le problème des retraites, et le réchauffement climatique,...tout y passe ! Son regard d'enfant décortique avec innocence et humour les travers des gens et les questions d'actualité.
Si vous aimez les histoires du Petit Nicolas de Goscinny et Sempé, ce livre devrait vous plaire ! En effet, l'auteur s'en inspire dans s'en cacher puisqu'elle avoue rendre hommage à ce personnage cher à son coeur en créant son propre Petit Gus. Et c'est vrai qu'au début du livre, je me suis dit : "oh, ça ressemble quand même beaucoup au Petit Nicolas, l'imitation est très réussie, mais quel intérêt alors ?". Surtout que ce livre est également illustré. Mais en fait, si Gus a l'innocence et l'ironie involontaire de son modèle, il est aussi plus moderne et plus cash dans son langage. De plus, il parle de thèmes qui n'existaient même pas à l'époque de Nicolas : le réchauffement climatique, le financement des retraites, les téléphones portables, MSN, les consoles portatives,... Un Petit Nicolas des temps modernes, donc, bourré d'humour et faisant souvent mouche. J'ai passé un bon moment de lecture et me suis beaucoup amusée à lire ces pages, relevant çà et là des bons mots ! J'ai aussi été envahie d'une bouffée d'émotion et d'affection dans les épisodes relatifs au chat de Gus et à ses mignons petits chatons. Comment ça, ça ne vous surprend pas ?! ;-)
@ savoir : Le petit Gus est une série, on peut donc prolonger facilement le plaisir !
@ lire : l'avis de Laure.
Par Claudine Desmarteau, chez Albin Michel, 12,90 €.
jeudi 7 juillet 2011
Bakuman - tome 3
"Shûjin et moi avons eu la confirmation que nous n'étions pas dépourvus de talent, que nous étions encore sur la route qui mène à notre rêve et que nous avions fait un pas de plus vers lui."
Saikô et Shûjin ont décidé d'écrire un manga de combats, pensant qu'ils ont plus de chance de percer en choisissant un genre fort du Jump. Mais leur éditeur n'est pas vraiment d'accord...et il semble qu'ils soient tout de même bien meilleurs dans des thèmes plus marginaux. Pendant une réunion à la rédaction, ils rencontrent Eiji Niizuma, le jeune prodige qu'ils considèrent comme leur concurrent le plus sérieux. Cela les remotive plus que jamais, mais Saikô s'inquiète de la relation de Shûjin avec Kaya, sa petite amie, qui semble lui accaparer tout son temps libre...
Miam, j'ai l'impression qu'on entre toujours plus dans le vif du sujet ! La détermination des deux jeunes mangakas se renforce de jour en jour. Dans ce tome, j'ai particulièrement aimé la dernière partie, dans laquelle [attention, petit spoiler] Saikô devient l'assistant d'Eiji [fin du spoiler] : les débats sur ce qui fait un bon manga et sur les défauts du Jump y sont passionnants ! Je me suis sentie bien dans ces pages, et j'aurais aimé me trouver moi aussi au milieu de ces garçons bourrés d'idées et assister à ces conversations enflammées ! Je me suis sentie frémir d'excitation, comme si je participais un peu à ces pulsions créatrices qui animent ces jeunes mangakas, ayant le privilège de me retrouver au coeur du processus de création d'un futur chef d'oeuvre... (Re)-miam !
Par Tsugumi Ohba & Takeshi Obata, chez Kana.
Saikô et Shûjin ont décidé d'écrire un manga de combats, pensant qu'ils ont plus de chance de percer en choisissant un genre fort du Jump. Mais leur éditeur n'est pas vraiment d'accord...et il semble qu'ils soient tout de même bien meilleurs dans des thèmes plus marginaux. Pendant une réunion à la rédaction, ils rencontrent Eiji Niizuma, le jeune prodige qu'ils considèrent comme leur concurrent le plus sérieux. Cela les remotive plus que jamais, mais Saikô s'inquiète de la relation de Shûjin avec Kaya, sa petite amie, qui semble lui accaparer tout son temps libre...
Miam, j'ai l'impression qu'on entre toujours plus dans le vif du sujet ! La détermination des deux jeunes mangakas se renforce de jour en jour. Dans ce tome, j'ai particulièrement aimé la dernière partie, dans laquelle [attention, petit spoiler] Saikô devient l'assistant d'Eiji [fin du spoiler] : les débats sur ce qui fait un bon manga et sur les défauts du Jump y sont passionnants ! Je me suis sentie bien dans ces pages, et j'aurais aimé me trouver moi aussi au milieu de ces garçons bourrés d'idées et assister à ces conversations enflammées ! Je me suis sentie frémir d'excitation, comme si je participais un peu à ces pulsions créatrices qui animent ces jeunes mangakas, ayant le privilège de me retrouver au coeur du processus de création d'un futur chef d'oeuvre... (Re)-miam !
Par Tsugumi Ohba & Takeshi Obata, chez Kana.
Imago
Le peuple K'awil vit séparé du monde depuis le Grand Chamboulement. Dans une jungle luxuriante, la soeur de Neï vient de mourir, tuée par un fauve. Depuis ce tragique événement, sa vie change radicalement et la jeune fille subit plusieurs chocs émotionnels successifs : elle doit prendre en charge le bébé de sa soeur et en tant que cadette, elle deviendra l'héritière du statut de chef du clan, à la mort de sa grand-mère. Et puis, il est temps pour elle de passer son imago, un rite consistant à marquer le passage à l'âge adulte. Mais Neï semble plus intéressée par la découverte d'une grotte explorée par sa soeur aînée avant sa mort...
Voici un roman original, qui crée un monde imaginaire et pourtant proche de nous, avec des créatures incroyables et une société d'un type plutôt remarquable, puisque le peuple K'awil est régi par les femmes - eh oui, ça change ! ;-) On voit que l'auteure s'est beaucoup attachée à rendre cet univers crédible en en décrivant les rites et coutumes, sans hésiter à choquer le lecteur, lorsque Neï doit manger le cerveau de sa soeur défunte en signe de deuil par exemple. J'ai aimé aussi la présence de la magie et de phénomènes inexplicables - comme la télépathie avec le W'amu, une créature dont les écailles tranchantes peuvent servir à fabriquer des armes. J'ai été en revanche un peu moins emballée par le style et par le rythme du roman, que j'ai trouvé un peu statique. Par ailleurs, je n'ai pas assez frissonné ou pas assez été émue à mon goût, n'étant jamais vraiment surprise par la tournure des événements : tout est un peu trop "annoncé", on s'attend un peu trop à ce qui va suivre. Et moi, j'aime qu'on me bouscule ! ;-) Mais cela reste un beau roman à découvrir, pour évoluer dans un monde atypique et magique. Et puis, l'auteure transmet aussi un message sur les excès des T'surs - c'est le nom donné aux blancs par le peuple K'awil - qui détruisent leur planète et jouent sans cesse à l'apprenti sorcier sans apprendre de leurs erreurs passées... Et ça, c'est un vrai message universel !
@ lire : l'avis de Fantasia.
Par Nathalie Le Gendre, chez Syros, collection Soon, 14,90 €.
mercredi 6 juillet 2011
Les étranges soeurs Wilcox (tome 1) : Les vampires de Londres
"Il lui fallait maintenant admettre pourquoi elle avait tant de mal à respirer. Elle était terrifiée."
Londres, 1888. Deux soeurs se réveillent dans un cimetière. Ou plutôt, sous un cimetière. Chacune dans un cercueil. Chacune dans une tombe. Amber et Luna Wilcox parviennent à sortir de terre, et les fillettes vont errer dans les rues de Londres, à la recherche de leur père disparu. Mais le Londres de 1888 est un Londres de tous les dangers, dans lequel sévit le terrifiant Jack l'Eventreur, et dans lequel rôdent des créatures fantastiques et dangereuses... Les deux soeurs auront bien besoin d'alliés pour trouver des réponses à toutes leurs questions et pour percer les mystères qui les entourent à leur insu...
J'ai beaucoup aimé ! Je suis encore une fois charmée par l'écriture fluide et savoureuse de Fabrice Colin. Et l'histoire vaut le détour, non seulement à cause de l'ambiance toute particulière de ce roman - le Londres embrumé, teinté de fantastique et d'énigmes - mais aussi parce qu'elle réussit à mêler l'historique et le romancé, ce qui est vrai et ce qui est inventé. Et puis, quel plaisir de retrouver dans ce livre des personnages d'autres romans - Sherlock Holmes, que l'auteur a réussi à réinventer plus vrai que nature, dans son humour pince sans rire so british et sa grandeur d'âme, avec le Docteur Watson, son compagnon de toujours - ainsi que des personnages plus réels mais liés au monde littéraire - comme Abraham Stoker, l'auteur de Dracula. L'intrigue tient la route, on est tenu en haleine du début à la fin, et l'issue du roman nous invite plus que jamais à découvrir la suite de cette série. Pas de doute, je suis conquise et le destin des soeurs Wilcox me passionne au plus haut point (alors qu'à la base, je suis plutôt hermétique aux histoires de vampires) !
Par Fabrice Colin, chez Gallimard jeunesse, 13,50 €.
mardi 5 juillet 2011
De si jolies choses...
"J'ai bien passé un tiers de ma vie dans la chambre de Lucy."
Au cours d'un stage de théâtre, quatre adolescents vont se rencontrer et confronter leurs différences. Lucy est une jolie bimbo pas très futée, amoureuse de son meilleur ami Charlie, qui est gay. Charlie, lui, a des vues sur Walker, un briseur de coeurs poursuivi par sa (mauvaise) réputation. Mais Walker n'a d'yeux que pour Daisy, une jolie fille aux formes généreuses et au caractère bien trempé, mais féministe jusqu'au bout des ongles, lesbienne et surtout, surtout, allergique à Walker ! Les quatre jeunes vont s'aimer et se détester à tour de rôle, et en apprendre beaucoup sur eux-mêmes...
Bon ! Rien qu'en lisant le résumé, on se doute un peu du contenu... Hé oui, ça parle d'amour et de flirts adolescents, et surtout de déceptions amoureuses. Le livre est organisé de façon à ce que chaque chapitre corresponde au point de vue d'un personnage. Ainsi, le lecteur se rend très vite compte que Lucy est la caricature de la belle blonde un peu cruche qui croit que l'homosexualité est une lubie qui peut passer avec le temps. Un personnage plutôt antipathique, donc, et que je n'ai pas vraiment réussi à aimer. Cependant, à travers ce personnage, l'auteure réussit à faire passer un message d'acceptation de soi-même et de confiance en soi, via la cruauté de la mère de Lucy qui la harcèle sur son poids alors que la jeune fille est toute mince et a une silhouette de rêve : ce type de comportement maternel est dangereux et toxique, et conduit Lucy vers la pente de l'anorexie...! Sinon, l'intérêt du roman réside dans le fait que les quatre adolescents sont en quête de leur identité sexuelle, identité dont ils sont pourtant sûrs au début du roman. Cela permet aux jeunes lecteurs qui se cherchent encore de se rassurer ! Les ados seront d'ailleurs dans leur élément en lisant ce livre : l'auteure parle des relations sexuelles sans gêne et sans chichis, mais sans choquer non plus (tiens, elle est dure à prononcer, cette phrase, hi hi !). Les jeunes lecteurs pourront donc se reconnaître dans ces personnages qui vivent des choses qui leur ressemblent. De plus, le style n'est pas forcément transcendant, mais j'ai trouvé que les dialogues s'enchaînaient bien, avec naturel, et que le tout était fluide et agréable à lire : ce qui n'est pas forcément toujours le cas quand on veut retranscrire des conversations entre ados.
J'ai été quand même gênée par le personnage de Lucy, vraiment trop caricatural - où alors si ce genre de filles existe, je suis atterrée ! - et j'ai aussi été étonnée par la quasi absence de figures parentales et de la grande liberté d'action des personnages, qui peuvent prendre la voiture pour un road trip et dormir à l'hôtel sans prévenir personne, ou qui vont se saouler jusqu'à vomir sans que la maman ne soit plus perturbée que ça...
Cela reste une lecture agréable et plutôt bien vue. Par la même auteure, j'avais quand même préféré Au coeur de ma nuit, plus juste et plus subtil, je trouve.
@ lire : l'avis de Esmeraldae.
Par Sarra Manning, chez Pocket jeunesse, 12,50 €.
Au cours d'un stage de théâtre, quatre adolescents vont se rencontrer et confronter leurs différences. Lucy est une jolie bimbo pas très futée, amoureuse de son meilleur ami Charlie, qui est gay. Charlie, lui, a des vues sur Walker, un briseur de coeurs poursuivi par sa (mauvaise) réputation. Mais Walker n'a d'yeux que pour Daisy, une jolie fille aux formes généreuses et au caractère bien trempé, mais féministe jusqu'au bout des ongles, lesbienne et surtout, surtout, allergique à Walker ! Les quatre jeunes vont s'aimer et se détester à tour de rôle, et en apprendre beaucoup sur eux-mêmes...
Bon ! Rien qu'en lisant le résumé, on se doute un peu du contenu... Hé oui, ça parle d'amour et de flirts adolescents, et surtout de déceptions amoureuses. Le livre est organisé de façon à ce que chaque chapitre corresponde au point de vue d'un personnage. Ainsi, le lecteur se rend très vite compte que Lucy est la caricature de la belle blonde un peu cruche qui croit que l'homosexualité est une lubie qui peut passer avec le temps. Un personnage plutôt antipathique, donc, et que je n'ai pas vraiment réussi à aimer. Cependant, à travers ce personnage, l'auteure réussit à faire passer un message d'acceptation de soi-même et de confiance en soi, via la cruauté de la mère de Lucy qui la harcèle sur son poids alors que la jeune fille est toute mince et a une silhouette de rêve : ce type de comportement maternel est dangereux et toxique, et conduit Lucy vers la pente de l'anorexie...! Sinon, l'intérêt du roman réside dans le fait que les quatre adolescents sont en quête de leur identité sexuelle, identité dont ils sont pourtant sûrs au début du roman. Cela permet aux jeunes lecteurs qui se cherchent encore de se rassurer ! Les ados seront d'ailleurs dans leur élément en lisant ce livre : l'auteure parle des relations sexuelles sans gêne et sans chichis, mais sans choquer non plus (tiens, elle est dure à prononcer, cette phrase, hi hi !). Les jeunes lecteurs pourront donc se reconnaître dans ces personnages qui vivent des choses qui leur ressemblent. De plus, le style n'est pas forcément transcendant, mais j'ai trouvé que les dialogues s'enchaînaient bien, avec naturel, et que le tout était fluide et agréable à lire : ce qui n'est pas forcément toujours le cas quand on veut retranscrire des conversations entre ados.
J'ai été quand même gênée par le personnage de Lucy, vraiment trop caricatural - où alors si ce genre de filles existe, je suis atterrée ! - et j'ai aussi été étonnée par la quasi absence de figures parentales et de la grande liberté d'action des personnages, qui peuvent prendre la voiture pour un road trip et dormir à l'hôtel sans prévenir personne, ou qui vont se saouler jusqu'à vomir sans que la maman ne soit plus perturbée que ça...
Cela reste une lecture agréable et plutôt bien vue. Par la même auteure, j'avais quand même préféré Au coeur de ma nuit, plus juste et plus subtil, je trouve.
@ lire : l'avis de Esmeraldae.
Par Sarra Manning, chez Pocket jeunesse, 12,50 €.
lundi 4 juillet 2011
Bakuman - tome 2
"Je ne dois pas leur dire qu'il va être difficile de rester bons amis et compliqué de vivre correctement tous les deux de ce travail."
Nos deux apprentis mangakas ont rendez-vous à la rédaction du Jump pour montrer leur tout premier manga terminé. L'anxiété et le stress montent : seront-ils à la hauteur ? Pendant ce temps, Eiji Niizuma, un jeune prodige, continue à produire des mangas de qualité, et semble être le concurrent à battre pour percer durablement...
Dans ce deuxième tome, les auteurs nous font plonger dans l'univers de la rédaction du Jump - magazine shõnen plébiscité par les jeunes. Cela permet au lecteur de comprendre comment se font les choix, et de sentir tout la concurrence qui existe entre les différentes équipes de la rédaction, l'objectif étant de proposer toujours les meilleurs mangas possibles et que cela plaise aux lecteurs du Jump, dont l'avis est consulté régulièrement et est très important. La publication d'un manga apparaît comme un véritable enjeu économique, et Mashiro et Takagi semblent bien petits face à cette grosse machine. Par ailleurs, on commence à comprendre combien le rythme de production et de création des mangakas doit être effréné pour que leur activité soit rentable... Le personnage d'Eiji Niizuma, le jeune surdoué du manga, est un peu effrayant je trouve, mais donne justement du piquant dans la course de nos deux héros vers le succès et la gloire. J'ai aussi aimé que tout ne soit pas "trop" facile pour Mashiro et Takagi (même si ça l'est quand même un peu, mais bon) et que leur production ne soit pas parfaite du premier coup. Bref, j'ai toujours hâte de lire la suite !
Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, chez Kana, 6,75 €.
Nos deux apprentis mangakas ont rendez-vous à la rédaction du Jump pour montrer leur tout premier manga terminé. L'anxiété et le stress montent : seront-ils à la hauteur ? Pendant ce temps, Eiji Niizuma, un jeune prodige, continue à produire des mangas de qualité, et semble être le concurrent à battre pour percer durablement...
Dans ce deuxième tome, les auteurs nous font plonger dans l'univers de la rédaction du Jump - magazine shõnen plébiscité par les jeunes. Cela permet au lecteur de comprendre comment se font les choix, et de sentir tout la concurrence qui existe entre les différentes équipes de la rédaction, l'objectif étant de proposer toujours les meilleurs mangas possibles et que cela plaise aux lecteurs du Jump, dont l'avis est consulté régulièrement et est très important. La publication d'un manga apparaît comme un véritable enjeu économique, et Mashiro et Takagi semblent bien petits face à cette grosse machine. Par ailleurs, on commence à comprendre combien le rythme de production et de création des mangakas doit être effréné pour que leur activité soit rentable... Le personnage d'Eiji Niizuma, le jeune surdoué du manga, est un peu effrayant je trouve, mais donne justement du piquant dans la course de nos deux héros vers le succès et la gloire. J'ai aussi aimé que tout ne soit pas "trop" facile pour Mashiro et Takagi (même si ça l'est quand même un peu, mais bon) et que leur production ne soit pas parfaite du premier coup. Bref, j'ai toujours hâte de lire la suite !
Par Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, chez Kana, 6,75 €.
samedi 2 juillet 2011
Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n'aiment pas lire !
"Si tu détestes lire, un jour tu vas te transformer en gros blaireau."
"N'importe quoi ! Tu as parfaitement le droit de ne pas lire !"
Faire un livre pour ceux qui n'aiment pas lire ? En voilà un paradoxe ! Mais voilà, ce livre est drôle, et à la portée de tous "les zenfants et les zadultes", qu'ils aiment lire ou non. Le lecteur pourra y trouver foule de conseils et informations plus ou moins pertinents, mais toujours très amusants !
Envie de passer un moment de lecture légère sans se prendre la tête ? Ce livre est fait pour vous ! J'ai pas mal ri en le parcourant, même si l'humour de l'auteure est plutôt cash et parfois trash (mais moi j'aime bien !). L'objectif est surtout d'amuser la galerie, et si ça peut donner envie de lire, c'est que du bonus ! Entre deux blagues, on trouve (quand même) quelques conseils avisés :
"Tu n'es pas obligé de lire les livres qui plaisent à tout le monde, tu dois trouver ceux qui te plaisent à toi parce que tu es unique au monde..."
J'ai bien aimé aussi l'anti-comparaison avec une tablette de chocolat :
"Si tu adores un livre (ou si tu n'as pas tout compris) tu peux le lire et le relire 1000 fois
MAIS
si tu adores le chocolat, tu ne peux jamais remanger le même, il faut que tu achètes une nouvelle tablette..."
Oh oui, que c'est triste, si seulement on pouvait la remanger 1000 fois, quelle bonne idée, snif... ;-)
Bref, un livre pour s'amuser sans complexes, pour une petite lecture plaisir !
@ lire : l'avis de Liyah.
Par Françoize Boucher, chez Nathan, 9,95 €.
"N'importe quoi ! Tu as parfaitement le droit de ne pas lire !"
Faire un livre pour ceux qui n'aiment pas lire ? En voilà un paradoxe ! Mais voilà, ce livre est drôle, et à la portée de tous "les zenfants et les zadultes", qu'ils aiment lire ou non. Le lecteur pourra y trouver foule de conseils et informations plus ou moins pertinents, mais toujours très amusants !
Envie de passer un moment de lecture légère sans se prendre la tête ? Ce livre est fait pour vous ! J'ai pas mal ri en le parcourant, même si l'humour de l'auteure est plutôt cash et parfois trash (mais moi j'aime bien !). L'objectif est surtout d'amuser la galerie, et si ça peut donner envie de lire, c'est que du bonus ! Entre deux blagues, on trouve (quand même) quelques conseils avisés :
"Tu n'es pas obligé de lire les livres qui plaisent à tout le monde, tu dois trouver ceux qui te plaisent à toi parce que tu es unique au monde..."
J'ai bien aimé aussi l'anti-comparaison avec une tablette de chocolat :
"Si tu adores un livre (ou si tu n'as pas tout compris) tu peux le lire et le relire 1000 fois
MAIS
si tu adores le chocolat, tu ne peux jamais remanger le même, il faut que tu achètes une nouvelle tablette..."
Oh oui, que c'est triste, si seulement on pouvait la remanger 1000 fois, quelle bonne idée, snif... ;-)
Bref, un livre pour s'amuser sans complexes, pour une petite lecture plaisir !
@ lire : l'avis de Liyah.
Par Françoize Boucher, chez Nathan, 9,95 €.
vendredi 1 juillet 2011
Terrienne
"Il évoluait comme dans un rêve dont on aurait réglé parfaitement la netteté de l'image et du son, ajusté les reliefs et la densité, jusqu'à lui donner l'apparence hallucinante de la réalité. Un rêve dont la durée n'aurait pas été distordue comme dans les vrais rêves, mais serait au contraire restée constante et réaliste.
Il en éprouvait à la fois la terreur et l'émerveillement."
Gabrielle, la grande soeur d'Anne, a disparu il y a un an. C'était quelques heures à peine après son mariage avec un homme étrange, un homme qui faisait peur à Anne. Un jour, Anne reçoit un message par onde radio, un message de Gabrielle, qui l'appelle au-secours. Anne va découvrir que Gabrielle a été enlevée et qu'elle est séquestrée dans un monde parallèle, dans lequel les gens ne respirent pas, mangent des aliments insipides et ne connaissent pas tout ce qui fait le piment de la vie. Anne va pourtant se rendre là-bas. Pour sauver Gabrielle. Au péril de sa vie. Et elle va découvrir que sa propre existence est un trésor : Anne est une Terrienne, un être humain et sensible, capable d'émotions.
Bienvenue dans un univers terrifiant ! Le monde parallèle créé par Jean-Claude Mourlevat est aseptisé à souhait, monotone et sans saveur. De quoi faire prendre conscience à ses lecteurs de la beauté de la Terre et de la richesse des sensations et des plaisirs qu'elle a à nous offrir...
"[...] je suis amoureuse de cette Terre sur laquelle j'ai mes pieds. Je l'aime avec tous ses défauts, toutes ses tares. Je l'aime à cause de ça. J'aime le trop froid et le trop chaud, la pluie, la boue, les embouteillages, les examens ratés, les cartes postales moches, les mensonges, les larmes, les blessures et la mort. J'aime ce qui manque et ce qui dépasse, j'aime le trop et le pas assez, je veux me brûler aux orties et aux casseroles, ça ne me dérange pas, je veux bien égarer mes clés, avoir mal à la tête, être trompée [...], être bousculée. Mais je prends aussi les bonnes choses. Je veux être caressée, je veux manger des banana split, je veux écouter de la bonne musique, recevoir des lettres, voir naître des bébés, faire la sieste, aller à Venise...
je veux faire entrer de l'air dans mes poumons,
je veux respirer."
L'idée du livre est alléchante, et bien sûr la plume de Jean-Claude Mourlevat est toujours aussi sûre et belle. Mais comme d'autres avis lus sur la toile, il manque un petit quelque chose dans ce roman-là. A l'instar du personnage du romancier (que j'ai beaucoup aimé d'ailleurs), qui avoue que son dernier roman n'est pas celui dont il est le plus fier, Terrienne n'est sans doute pas le meilleur roman de Mourlevat. Je ne me suis pas sentie pétrifiée ou haletante à la lecture de ce livre, comme j'avais pu l'être en lisant l'excellent Le combat d'hiver. J'aurais aimé avoir davantage peur, ou m'indigner un peu plus devant la vie fade des habitants du monde parallèle. Et puis, même si je l'ai beaucoup aimé, le personnage du romancier n'était peut-être pas tout à fait indispensable au récit, qui sans lui aurait peut-être pu gagner en dynamisme...
Cela dit, j'ai passé quand même un bon moment, en compagnie de personnages à l'âme belle, et touchants pas leur sensibilité. J'ai aussi été très émue à la fin, au bord des larmes, l'émotion à fleur de peau. Je ne sais pas pourquoi, et je ne sais pas si c'est vrai, mais on a l'impression que Jean-Claude Mourlevat (alias Etienne Virgil ?) doit être un chouette type, sympa et ouvert, rien qu'en lisant ce livre. Enfin, le message central du roman est bien sûr à retenir absolument : notre vie sur Terre est précieuse, ce qu'elle a à nous offrir doit être goûté et savouré à sa juste valeur, et chaque respiration est un cadeau et un miracle !
Par Jean-Claude Mourlevat, chez Gallimard jeunesse, 16 €.
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