jeudi 24 février 2011

Tokyo Sanpo

"A mon retour en France, on m'a demandé si c'était bien, la Chine. Ce à quoi j'ai répondu que les Japonais, en tout cas, y étaient très accueillants."

Alors que sa petite amie est en stage pour six mois à Tokyo au Japon, l'auteur l'accompagne et en profite pour visiter la ville dans tous ses recoins. Le résultat de ces promenades : ce carnet de croquis, qui regroupe des anecdotes, des détails surprenants et croustillants sur nos amis japonais, des plans de quartiers et des dessins aussi divers que des paysages atypiques ou des objets bien de là-bas, comme des boîtes de soupe ou des PV pour stationnement de vélo illégal... L'intérêt, c'est que l'auteur n'y connaît vraiment rien au Japon : ni la langue, ni les coutumes. Et du coup, le lecteur se sent à l'aise dans ce carnet de voyage, qui nous fait découvrir la ville de Tokyo à travers le prisme du regard très personnel et bourré d'humour de l'auteur.


Je ne suis jamais allée à Tokyo, ni au Japon tout court d'ailleurs. C'est donc avec curiosité que j'ai d'abord feuilleté ce livre. Et je me suis tout de suite dit que ça allait bien me plaire : j'adore les carnets de voyage ! C'est l'antithèse total des guides de voyages sérieux et blindés d'informations : ici, place au ressenti, à l'immersion dans la vie de tous les jours, place à la vraie vie, quoi ! En plus, l'auteur ne manque pas d'humour, ce qui rend la lecture du carnet très agréable et divertissante. Autre originalité : chaque "chapitre" commence avec un dessin d'un koban (= commissariat de quartier), avec à chaque fois une petite touche d'humour décalé. A savourer aussi : l'épisode hilarant de l'interrogatoire au commissariat, justement, pour un vol de vélo dont l'auteur est innocent... J'ai donc passé un bon moment en compagnie de Florent Chavouet, et ça m'a donné envie de me mettre au carnet de voyage pour mes prochaines escapades...


@ lire : le blog de Florent Chavouet.
@ lire aussi : l'avis de Dr Chewbacca, qui y est allé, et qui fait une comparaison amusante entre ses photos et les dessins de l'auteur...


Par Florent Chavouet, chez les Editions Philippe Picquier, 24 €.

mercredi 16 février 2011

Magasin général (tome 1) - Marie

"Ben moi, j'trouve ça bien hypocrite ces fleurs rapport au Félix, parce que le soir chez les gens, c'est sur le prix qu'il vendait ses affaires que ça chialait..."

C'est les années 20. Au fin fond de la campagne québécoise, dans la paroisse de Notre-Dame-des-lacs, les habitants ont l'habitude de se ravitailler au "Magasin général", le seul point de vente des environs. Lorsque le propriétaire, Félix, meurt, c'est à sa femme Marie que revient la lourde tâche de gérer le magasin. Et gérer le "Magasin général", c'est bien plus que de la vente d'épicerie : c'est aussi rendre des services, comme passer un coup de fil ou accompagner un enfant qui s'est cassé la jambe chez le médecin le plus proche. C'est aussi crouler sous les demandes incessantes de fournitures diverses - de la pièce de tissu au grillage pour les poules. Marie aura-t-elle les reins assez solides pour supporter cette mission ?


Voici une peinture pittoresque de la vie québecoise des années 20. On y découvre la vie intime d'un petit hameau, avec les histoires de famille, les bigotes qui critiquent le nouveau curé, les hommes qui travaillent comme draveurs pendant de longs mois (c'est à dire qu'ils charient du bois sur les cours d'eau), les couples qui flirtent au bord de la rivière,... Le truc en plus, c'est les dialogues en québécois, savoureux, et travaillés de telle sorte qu'ils restent compréhensibles pour un lecteur français et pour un lecteur québecois. Le graphisme est également très agréable, et donne une ambiance chaleureuse et intime à l'album. On sent aussi qu'on a beaucoup de choses à apprendre dans les prochains tomes, avec des pistes lancées ça et là au détour d'une conversation... : pourquoi Félix était-il si peu apprécié ? Marie va-t-elle tenir le coup ? Tout est réuni pour que j'aie très très envie de me jeter sur la suite...


@ lire : l'avis de So.


Par Loisel & Tripp, chez Casterman, 14,95 €.

mardi 15 février 2011

Violine (tome 1) : Les yeux de la tête

"Inutile de vous rappeler l'interdiction du jour ?
- Ne pas dévisager les gens ! Je sais !"

C'est la rentrée des classes pour Violine...une petite fille pas comme les autres. D'abord, elle a les yeux violets. Ensuite, elle a la fâcheuse manie de fixer les gens dans les yeux, avec ses yeux à elle qui en plus d'être violets sont perçants. Il faut dire que Violine a un don : elle peut lire les pensées des gens rien qu'en les regardant dans les yeux. Bizarre, vous avez dit bizarre ? Attendez de découvrir sa famille : Violine vit dans une grande maison bourrée de dispositifs sophistiqués visant à garantir à la fillette une hygiène irréprochable. La maman ? Un tyran qui déshumanise le quotidien de Violine, et la fait suivre quotidiennement par un médecin pour le moindre petit bobo... Et le papa, dans tout ça ? Ah, le papa, il est mort. Mort ? Vous êtes sûrs ?


Voici une série que j'avais découverte dans Spirou magazine il y a plusieurs années, et que j'ai eu envie de reprendre afin d'en connaître la suite. Ce qui m'a plu d'emblée, c'est le personnage de Violine, et le mystère qui plane autour d'elle et de sa famille, sans que jamais rien ne soit expliqué, comme si tout ça était normal. Pourquoi sa mère se comporte-t-elle ainsi ? Que cache-t-elle à la petite fille ? Ensuite, j'aime le trait du dessin, expressif, vif et rythmé, même s'il peut paraître un peu brouillon. Par ailleurs, j'apprécie que les auteurs n'hésitent pas à aborder des thèmes forts, comme lorsque Violine échappe de peu aux griffes d'un violeur d'enfants, sauvée par son don de double vue. Enfin, le tout ne manque pas d'humour, touche nécessaire pour équilibrer un ensemble plutôt noir et sinistre. Bref, un premier tome alléchant, où beaucoup d'interrogations pointent, ce qui permet au lecteur d'avoir envie de se jeter sur la suite !


@ lire : l'avis de Melusine.


Par contre, je viens de m'apercevoir que cette série n'est visiblement plus éditée...j'espère qu'il y a une fin ! A chiner chez les bouquinistes, donc, ou si vous êtes chanceux dans votre bibliothèque municipale ! ;-)


Par Fabrice Tarrin & Tronchet, chez Dupuis.

samedi 12 février 2011

Eliza Doolittle

"Un tout rafraîchissant et dansant, pour une première partie très en accord avec la mouvance pop britannique féminine actuelle." [ROCK'N'FRANCE.COM]

Vous aimez Lilly Allen ? Alors vous risquez fort de craquer pour l'album de la pétillante Eliza Dootlittle. Elle aussi vient d'Angleterre, et offre à nos oreilles consentantes une pop acidulée et dansante. Vous n'aimez pas Lilly Allen ? Faites quand même une halte sucrée dans cet album plus chaleureux et plus rétro que ceux de sa compatriote. En effet, le chachacha s'invite sur le titre "Go home", et on se croit accoudé à un jukebox des années 50 en écoutant "Pack up", single resté discret en France malgré un potentiel dansant affirmé. Ca swingue, c'est joyeux et ça donne envie de soleil et d'air frais, comme sur "Skinny genes" ou "Mr Medicine". Un album qui n'est pas non plus révolutionnaire, mais qui fait mouche et fait du bien au moral...et la miss semble garder la tête froide sur sa nouvelle célébrité (voir la chansons "Nobody"), contrairement à la célèbre Lilly Allen connue pour ses frasques... Une gourmandise bienvenue en cette période hivernale !

@ écouter sur Deezer.

Eliza Doolittle, album éponyme.

vendredi 11 février 2011

La princesse qui n'aimait pas les princes

"Il était une fois, dans un beau et paisible royaume, une jolie princesse qui réussit un jour une superbe mayonnaise. Conseillers et ministres, cuisiniers et garagistes, tout le monde l'affirmait : il fallait la marier !"

Un roi cherche à marier sa fille. Un défilé de princes en tous genres est organisé : des petits, des grands, des étrangers, des champions, des sorciers,... Rien n'y fait : la princesse ne trouve aucun prince à son goût. Le roi décide alors de faire appel à la fée pour trouver une solution. Et c'est alors qu'une chose incroyable se produit : dès qu'elle voit la fée, la princesse rougit et pâlit. Quel est ce sentiment étrange qui naît dans son ventre ?


Au début, on a l'impression d'entrer dans une histoire un peu classique : une princesse difficile, un zeste d'humour, un texte en rimes, bref, un mini roman sympathique et gai, qui n'hésite pas à détourner les codes du conte : "Princes d'à côté, venez ! Accourez ! Ma fille est à marier. Elle est jolie, douce et aimable et dort très bien sur des petits pois." Mais la chute donne une grande originalité à ce livre : la princesse tombe amoureuse de la fée, ce qui permet d'aborder en toute simplicité le thème de l'homosexualité, peu traité en premières lectures, surtout dans l'univers du "conte". C'est inattendu, et ça apporte finalement beaucoup de fraîcheur à l'ensemble qui paraissait au début un peu conventionnel. Une manière amusante et acidulée de montrer que d'autres formes d'amour existent, et que le schéma habituel du prince et de la princesse "qui se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" n'est pas la seule fin possible pour une belle histoire !


@ lire : l'avis de Lenelai.


Par Alice Brière-Haquet, illustré par Lionel Larchevêque, chez Actes Sud junior, collection benjamin, 7,50 €.

jeudi 10 février 2011

Doubt - tome 4

"Je voulais vous amener à vous entre-tuer !"

Yû se retrouve face à face avec le loup-tueur. Le jeu de massacre va-t-il se finir sur un ultime meurtre ? Vérité, mensonges, tout se mélange dans la tête de Yû, qui fait une proie idéale pour le loup rusé et assoiffé de sang. Mais de toute façon, pour sortir de là, il lui faut un code-barre. Celui du loup. C'est pourquoi l'affrontement est inévitable...


Le jeu sordide du chat et de la souris version "tous les coups (de hache) sont permis" touche à sa fin. L'affrontement final oppose Yû et un loup très perturbé. La vérité est dure à entendre et tout espoir de survie semble bien mince... Lumières qui s'éteignent, bruits de pas dans l'escalier en métal,... L'ambiance est de plus en plus pesante ! [attention, SPOILER !] La fin est plutôt satisfaisante - même si finalement on pouvait s'y attendre, surtout si on connaît Dix petits nègres - mais le coup de l'hypnose peut laisser un peu sceptique. L'ultime rebondissement est quant à lui très noir et réussi - eh oui, ce n'est pas fini, l'horreur continue jusqu'à l'ultime page... [fin du spoiler] Au final, c'est une série plaisante - enfin bon, ce n'est peut-être pas le meilleur mot pour la qualifier, compte tenu de son contenu ! - plutôt bien faite, au graphisme correct et à l'idée de base intéressante. J'ai bien frissonné, même si j'aurais aimé plus de terreur et d'angoisse psychologique, plus de manipulations et plus de craquages, bref, un peu plus d'humanité comme dans tout huis-clos qui se respecte. En tout cas, voici une série qui devrait beaucoup plaire aux ados amateurs de sensations fortes !


@ lire : mon avis sur le tome 1, le tome 2 et le tome 3.


Par Yoshiki Tonogai, chez les éditions Ki-oon, 7,50 €.

mercredi 9 février 2011

Cocoon - Where the oceans end

"Cocoon n'a eu de cesse d'offrir à la France ses plus gracieuses folk-songs." [LES INROCKS]

Après le très remarqué "My friends all died in a plane crash" - si, si, vous connaissez, vous avez sûrement déjà entendu leur single "Chuppee" -, le duo français revient avec un nouvel album délicat et réussi. Intros soignées aux guitares oniriques, entremêlement magique de la voix maculine et de la voix féminine, dès la première chanson, Cocoon envoûte, emporte et ensorcelle. Chansons mélancoliques et douces (Mother) ou carrément entraînantes (Comets ou Dee doo), c'est toujours parfait et enchanteur. Le son des cordes de guitare est rond, harmonieux (Super powers) : rien à redire, il faut juste écouter !
Un duo dont le son folk et le mélange des voix sont proches d'Angus & Julia Stone, alors si vous aimez ces derniers, essayez Cocoon !

@ écouter sur Deezer.

Where the oceans end, par Cocoon.

mardi 8 février 2011

Doubt - tome 3

"Je ne sais plus si je peux encore accorder ma confiance à quelqu'un."

Yu et Mitsuki ont découvert une pièce étrange, dans laquelle sont entreposés des masques de lapin-tueur, des instruments de torture divers et des archives énigmatiques. Et si ce n'était pas la première fois que ce jeu macabre était organisé ? En attendant, une nouvelle victime s'est fait attraper par le loup. Il ne reste plus que trois petits lapins... 


L'horreur est à son comble dans ce tome. Le manga utilise les codes classiques des films du genre avec efficacité. Cependant, je trouve que les personnages ne sont décidément pas très effrayés. J'aurais aimé de l'angoisse, de la terreur, des crises de nerf ! (Non, non, je ne suis pas sadique...) Ces ados me semblent un peu passifs et avares en émotion malgré tout ce qui leur arrive. Cela dit, l'intrigue poursuit son cours avec fluidité, et le volume s'achève sur une révélation de taille... Mais comme tout n'est pas encore dit, jetons-nous sur le dernier volume !


@ lire : mon avis sur le tome 1 et le tome 2.


Par Yoshiki Tonogai, chez les éditions Ki-oon, 7,50 €.

lundi 7 février 2011

Cathy's ring

"Je n'étais plus un être humain mais un désastre ambulant, un feu de prairie galopant. Tout ce que je touchais finissait carbonisé."

[Attention, spoiler si vous n'avez pas lu les deux premiers tomes !] Depuis la mort de Tsao, Cathy est sur un siège éjectable. Avec un aller simple pour le paradis. Des tueurs de l'ancêtre Lu sont à ses trousses, Emma est surveillée et l’insaisissable Jewel est toujours en cavale. Heureusement, cette dernière a oublié derrière elle le flacon de parfum qui renferme l'"antidote" contre l'immortalité...

Voici le troisième et probablement dernier tome de la trilogie "Cathy's quelque chose" (après le book et la key). J'avais trouvé le deuxième volume un peu moins bon, un peu plus creux, et cette fois, c'est reparti, avec du suspense, de belles phrases, de l'humour et même quelques scènes (presque) torrides. Je suis contente d'avoir suivi cette série, même si au fil des volumes l'intérêt des "objets" offerts avec le livre diminue grandement, ce qui jouait je trouve dans l'originalité du produit. Cette fois, le lecteur trouvera juste une bague et un poster dans la "pochette surprise". Je préférais le principe du volume un, où la pochette était bourrée d'indices permettant d'aller plus loin dans l'intrigue et dans l'enquête. En tout cas, j'aime toujours autant les intitulés de chapitre, toujours un brin mystérieux et décalés... Une belle conclusion pour cette série que je ne suis cependant pas fâchée de terminer...je n'aurais peut-être pas rempilé pour un quatrième opus !

@ lire : mon avis sur Cathy's book et sur Cathy's key.
@ lire : l'avis de Clarabel sur ce tome.

Par Sean Stewart /Jordan Weisman / Cathy Brigg, chez Bayard jeunesse, 15,90 €.

mardi 1 février 2011

Doubt - tome 2

"Il nous reste deux portes à ouvrir. Tu penses que l'une d'elles est la sortie ?"

Le jeu de l'horreur continue... Après avoir découvert un septième "joueur" (un peu mort), le nombre de code-barres à la disposition des cinq survivant est bien maigre... Pire, la suspicion et la méfiance montent d'un cran lorsqu'ils découvrent le passé des uns et des autres. Qui est le loup ? Le temps presse, surtout qu'il vient de faire une nouvelle victime...


Coups de hache et de scalpel sont au menu de ce deuxième tome. L'ambiance se détériore de plus en plus et personne ne fait plus confiance à personne. Après tout, n'est-ce pas le rôle du loup d'embrouiller tout le monde ? En effet, les embrouilles et les doutes lui coupent l'herbe sous le pied. Isolés, les petits lapins sont bien plus vulnérables que s'ils étaient solidaires et ensemble... Qui sera la prochaine victime ? A ce petit jeu sadique, il semble que les chances de gagner soient bien maigres...


@ lire : mon avis sur le tome 1.


Par Yoshiki Tonogai, chez les éditions Ki-oon, 7,50 €.