Une fille - dont on ne connaît pas le prénom - passe ses vacances à la mer, comme tous les étés. Et comme chaque année, elle encadre sa petite bande de gamins, plus jeunes qu'elle, et pour lesquels elle est une sorte de baby-sitter non officielle. Avec eux, elle "joue au Géant", un géant imaginaire qui donne des ordres et indique le programme du jour à la petite troupe : aller acheter une glace tous ensemble, aller espionner les enfants de la colonie de vacances, ou nager jusqu'aux rochers. La narratrice adore tous ces enfants, mais elle sent qu'elle devient trop grande pour ça. Et d'ailleurs, n'a-t-elle pas comme un noeud dans le ventre quand elle est près de Luciano, le beau maître nageur ? Cet été est l'été où elle grandit, et ressent ce mélange d'émotions indéfinissable, ce flot qui submerge tout enfant qui passe doucement vers l'adolescence...
Voilà un roman difficile à décrire. Il n'y a pas vraiment d'histoire - juste un tout petit peu, juste assez pour tenir le tout par un fin ruban tout fragile - et il s'agit surtout d'impressions, d'émotions, de nostalgie et de souffrance aussi. L'auteur revient souvent sur le thème de la mémoire, des souvenirs, de ce qu'on retient, de ce qu'on oublie, et de ce qui reste quand on est devenu grand. Ce qui reste de cet été en particulier, c'est ce roman. Un mélange de glaces, de livres, de dangers, de robe verte et d'affection pour le petit Roberto. Un truc indescriptible, en fait. Mais un truc qui fait qu'on sait qu'on était vivant.
Au début, j'ai eu peur de ne pas aimer - car c'est un peu lent, un peu douloureux, un peu amer - puis je me suis laissée emporter dans ces remous pas toujours très gais, avec ce goût un peu triste que laissent parfois les souvenirs d'enfance.
Par Beatrice Masini, chez La Joie de lire, 7,90 €.





























